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 Le souffle du printemps égare nos esprits. [Libre]

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Catherine d'Aragon

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MessageSujet: Le souffle du printemps égare nos esprits. [Libre]   Jeu 15 Mar - 19:54

Le printemps commençait doucement à pointer le bout de son nez. Les dernières neiges avaient fondu sous les doux rayons de ce soleil de mars, laissant peu à peu place à quelques fleurs précoces. L'agréable gazouillement des oiseaux se faisait à nouveau entendre après ce long hiver qui avait semblé laisser toute la vie en suspend. Il était si agréable de pouvoir de nouveau sortir sans avoir à s'emmitoufler dans un manteau lourd empêchant tous mouvements.
Catherine déambulait seule dans les allées quasi désertes des jardins. Le vent encore un peu frais qui caressait ses joues lui était particulièrement délectable, lui donnait l'impression d'être vivante. Elle était vêtue plus simplement qu'à son habitude, d'une robe bordeaux brodée d'à peine quelques dentelles. Ses cheveux noirs parsemés de quelques mèches blanches étaient soigneusement relevés au dessus de sa tête et n'étaient parés d'aucune couronne. Aujourd'hui elle avait tout simplement envie d'être Catherine et non la reine. En cet agréable après midi, elle voulait pouvoir oublier son quotidien et laisser son esprit vagabonder là où bon lui semblerait. Oublier sa condition de reine, d'épouse et de mère pour se laisser aller au plaisir simple d'une promenade sous le ciel ensoleillé de Londres.
Les courtisans étaient sans doute pour la plupart trop occupés à cancaner et à parier sur l'avenir du couple souverain pour mettre le nez dehors. Elle avait donc profité de l'agitation intérieure pour s’éclipser. Surtout que sa sortie ne serait sûrement pas remarquée tant elle était devenue un fantôme au milieu de cette cour qui un jour lui avait été fidèle. Avoir la possibilité de quitter ce monde de requins de temps à autre participait à lui donner un semblant de force pour supporter son quotidien.
Catherine avançait lentement, fermant les yeux pour profiter de la tranquillité qui régnait autour d'elle, le silence était brisé par les seuls bruits de la nature. Se dessinait alors dans ses yeux clos, son Espagne natale qu'elle n'avait pas vue depuis d’innombrables années. Les bruits des oiseaux se transformaient en rire d'enfants, les siens, quand elle n'était qu'une jeune infante. Les sapins anglais devenaient en orangers à l'odeur qui piquait au nez. Le clapotis lointain de la Tamise était maintenant le murmure des vagues de la Méditerranée. Pendant ces quelques secondes, Catherine eut l'agréable impression d'avoir quitté ces lieux, emportée par ses souvenirs qui paraissaient à présent si irréels, comme si jamais ils n'avaient vraiment existé.
Après avoir marché quelques minutes, elle s'arrêta et s’essaya sur un banc qui faisait face à un somptueux bosquet de fleurs naissantes. Elle soupira longuement à la vue de toute cette beauté qui nous réjouissait bien qu'elle soit si fragile et éphémère. Ces plantes qu'on adore un jour et qu'on ignore le lendemain lui rappelaient un peu sa propre existence. Elle avait un jour été jeune et belle, respirant la vie et la joie, dansant au rythme de la cour. Mais le temps qui passait si vite sans que l'on ne puisse même s'en rendre compte lui avait pris ses atouts les plus précieux. La changeant peu à peu en une femme se fanant doucement, laissant place à de nouveaux bourgeons qui toute une saison durant régneraient sur le jardin, avant de disparaître eux aussi. Pourtant, il lui restait quelques beaux jours à voir se lever et pour rien au monde elle ne les laisserait passer, profitant de chaque moment qui lui était encore donné d'apprécier, se battant pour prolonger encore un peu sa place qui surplombait le bosquet.
Les minutes passaient peu à peu, mais le temps semblait s'être arrêté, comme pour prolonger encore un peu ce moment de calme et de douceur, avant que quelqu'un ne puisse venir déranger Catherine.
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Anne Boleyn

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MessageSujet: Re: Le souffle du printemps égare nos esprits. [Libre]   Ven 23 Mar - 22:47

La vie ne pouvait être plus belle pour lady Anne Boleyn, le printemps venait de revenir et cette saison la jeune femme l'aimait, elle ne se lassait pas de voir à nouveau les arbres verdir après un lourd hiver. Que pouvait-on avoir comme plus beau spectacle que l'ouverture d'un bouton de rose ? Pourtant, ce n'était pas la chose la plus important qui ravissait le cœur de la brune, non il y avait le roi, son Henry. L'amour qui les unissait, était plus fort que tout et elle se damnerait pour quelques minutes dans les bras de cet être aimé. Cependant, une ombre détériorait ce magnifique tableau, Henry était encore et toujours marié. Le pape n'avait toujours pas donné son accord pour le divorce du souverain. Accord qui devait être légitime, après tout, Catherine avait épousé Arthur le frère du roi. Son mariage avec Henry n'était pas légal. Les prières étaient son unique recueil pour l'aider à se persuader qu'un jour, le roi serait pleinement à elle.
Le printemps s'installait, l'air était bien plus doux à Whitehall Palace. Anne ne pouvait s'empêcher d'investir les jardins pour se complaire à la lecture de nombreux poèmes ou d'essais humanistes. Elle profitait de ces moments en compagnie de quelques dames de compagnie ou parfois de sa famille. Son frère se faisait toujours une joie d'accompagner sa sœur là où elle le souhaitait. Après tout, il lui devait bien, c'était grâce à Anne, que George avait une position et des terres. Mary était présente parfois, mais sa relation avec sa sœur était parfois houleuse, la plus jeunes des Boleyn avait toujours eu beaucoup de mal à accepter le comportement parfois déshonorant de son ainée.
En cette belle journée, lady Anne voulait profiter du soleil naissant. Ce soleil lui rappelait sa jeunesse, celle où elle se trouvait dans la cour itinérante de François Ier. Elle avait, avec beaucoup de joie découvert diverses régions françaises, certaines avaient un constant soleil. La France était désormais lointaine et sa vie était maintenant ici, entre Hervers et Whitehall. Elle savait que son impudence à aimer le roi faisait couler de l'encre, mais elle s'en fichait, Anne aimait être le centre de l'attention. Même si ses détracteurs la voyaient comme une prostituée, une fille de Satan, elle se moquait bien de les écouter, après tout elle savait qu'elle n'était pas cela et Henry aussi connaissait la vérité. Pourquoi donc s'occuper des ragots ? Elle aimerait parfois arracher les mains de ces faiseurs de rumeurs, mais elle était une dame, une future reine, elle laissait à son roi la charge de défendre son honneur, comme il savait si bien le faire.
Vêtue d'une robe bleue ciel, richement brodée, lady Anne se promenait dans le parc de Whitehall Palace. Le soleil était maintenant à son zénith, mais la belle se passait volontiers d'une ombrelle, elle voulait sentir la douceur des rayons venir caresser sa peau. En compagnie, de l'une de ses dames, la jeune femme se promenait dans la roseraie, un doux parfum se dégageait de ce lieu et elle ne se laissait jamais de s'y balader quand l'occasion se présentée. Un livre de poème à la main, écrit et envoyé par son ami et ancien amoureux Thomas Wyatt, elle comptait bien profiter de ce magnifique printemps pour se prêter à la lecture, dans une atmosphère apaisante. Elle parlait gaiment avec sa dame de compagnie, de mode, surtout française, celle que lady Anne affectionnait particulièrement, elle y avait pris goût pendant sa jeunesse et depuis, elle ne s'en passait plus. Ses robes, elle prenait toujours grand soin de choisir ses tissus, les motifs... Elle dessinait même parfois ses propres robes, quand les modèles ne lui plaisaient pas. Pourtant, même si elle aimait la mode comme toutes les femmes, la brune ne se contentait pas de simples discussions futiles, non sinon, elle n'aurait jamais attiré le regard du roi et elle ne serait pas devenue en peu de temps la femme en vogue à la cour. Anne était très cultivée et surtout elle aimait converser à propos des lectures qu'elle faisait. Tout en parlant, elle passait de bosquet en bosquet, s'arrêtant par moment devant une fontaine pour observer les poissons qui y vivaient où s'arrêtant pour lire un poème au grès de ses envies. La vie ne pouvait pas être plus belle, même s'il lui manquait la présence du roi. Elle aimerait l'avoir auprès d'elle, mais les charges de ce dernier étaient beaucoup trop importantes, ce qui rendait leurs moments rares et uniques à la fois. Toutefois la promenade se termina bien vite, lady Anne tout voguant un peu partout, tomba sur la reine Catherine et sa fille Mary, face à ces personnes de haut rang, la jeune femme ne put que faire une révérence. Elle le savait, même si le cœur du roi était sien, les deux femmes en face d'elle lui étaient supérieures.

« Votre majesté, princesse Mary. » dit Anne avec beaucoup de politesse.

Avec ces femmes, elle ne voulait pas se montrer chaleureuse, mais le choix, elle ne l'avait pas, elle se devait de montrer le respect. Ainsi, elle se redressa et continua son chemin, mais la rencontre n'était pas près de se terminer.
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Catherine d'Aragon

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MessageSujet: Re: Le souffle du printemps égare nos esprits. [Libre]   Ven 6 Avr - 20:15

Elle resta encore quelques longues minutes à humer le délicat parfum du printemps, puis se décida à faire encore quelques pas. Catherine avançait d'un air absent, le visage tourné vers le soleil, les yeux presque clos et un léger sourire aux lèvres. Rien ne pourrait lui gâcher cette magnifique journée. Mais sans doute avait elle parlé trop vite, car sans voir la chose venir, elle tomba nez à nez avec la femme la plus détestable qu'il soit. Le hasard, ou la malchance s'était joué de la reine pour placer sur son chemin cette intrigante d'Anne Boleyn. A sa vue, elle conserva comme à son habitude une attitude neutre et posée. Elle ne put cependant s'empêcher de la détailler de la tête aux pieds, contemplant sa superbe robe sans doute payée avec l'argent de la couronne. Des malheureux peinaient à se nourrir, mais l'or royal servait à répondre aux caprices vestimentaires de la maîtresse d'Henry. C'était pitoyable, mais il fallait croire que la sobriété ne satisfaisait pas à tout le monde.
La jeune femme était, elle aussi, sans doute désagréablement surprise par cette rencontre fortuite, mais comme l'exigeait la politesse, elle salua la reine, accompagnant ses mots d'une gracieuse révérence.

- Lady Anne, lui répondit Catherine avec un petit mouvement de tête. Je suis ravie de constater que vous ayez daigné quitter la chambre de mon époux pour profiter de ce beau temps, continua-t-elle d'une voix sans expression.

Elle la fixa quelques instants avec un regard impénétrable avant d'esquisser un léger sourire. Quelle sotte elle avait été à penser que, sous prétexte qu'Anne avait été élevée selon les principes de la bonne société, elle aurait un minimum le sens de la dignité. Mais l’appât du gain avait été pour elle plus fort que ses valeurs.

- Mais puisque Dieu nous a mises sur le même chemin, pourquoi ne pas faire quelques pas ensemble, suggéra-t-elle.

A vrai dire, cette proposition ne laissait pas vraiment le choix à Anne, car qu'elle le veuille ou non, on ne refuse rien à sa reine. Après réflexion, Catherine se demanda ce qui lui était passé par la tête et pourquoi diable n'avait-elle pas continué sa route seule. Surtout qu'elle s'était mise en tête de profiter au maximum de sa journée pour oublier le quotidien. Mais il fallait croire qu'où qu'elle irait, les soucis suivraient. Les deux femmes commencèrent donc à marcher d'un pas lent dans les allées du jardin. Entre elles deux s'était évidemment installé un froid glacial, mais pouvait-il vraiment en être autrement...
La reine regardait droit devant elle, ne voulant que trop peu tourner les yeux vers celle qui était la cause de tous ses problèmes. Dès que son regard se posait sur Anne, elle voyait tout ce que le temps lui avait pris. La jeunesse, la joie de vivre, cette fraîche beauté... Tout cela lui avait filé entre les doigts sans qu'elle ait eu le temps de s'en apercevoir et d'en profiter réellement. Mais la vie qui avançait doucement lui avait apporté bien plus que ces futilités, tels que le bonheur d'être mère, la sagesse, l'amour de Dieu et bien d'autres présents qui valaient toute la jouvence du monde.
Après un silence qui lui sembla sans fin, Catherine reprit la parole.

-C'est amusant... J'ai l'impression, lorsque je marche à vos côtés, de remonter le temps, comme si nous rejouions ces balades que nous apprécions lorsque vous n'étiez que ma suivante... Elle se tut un instant, avant de reprendre en regardant Anne avec un sourire mélancolique. Mais je vous regarde et je me dis que ce temps est désormais bel et bien révolu.

Elle soupira longuement et balaya ces souvenirs si lointains de sa mémoire. Le temps n'était pas à la nostalgie, il fallait se tourner vers un avenir plus propice dans lequel Dieu, elle le savait, la soutiendrait et lui donnerait la force de se battre encore un peu.

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MessageSujet: Re: Le souffle du printemps égare nos esprits. [Libre]   Mar 1 Mai - 18:53

Les premières paroles de la reine furent des piques, Anne ne s’en étonna point, elle savait que Catherine d’Aragon la détestait plus que tout. Après tout, c’était la jeune lady qui avait marqué à jamais la cassure du mariage entre le roi et la reine. Elle avait entendu dire que ce mariage avait été heureux, mais qu’avec le temps l’amour s’était flétri, laissant place à un respect mutuel. De leur union, il n’y avait eu aucun héritier, celui qu’Henry attendait depuis si longtemps, mais simplement une princesse : Mary. Il y avait eu des garçons, mais ils étaient tous morts, trop jeune. Henri avait déjà un fils, il savait que le problème ne venait pas de lui. L’union n’était pas assez solide pour qu’elle puisse continuer. Le roi était désintéressé de la reine et il préférait depuis bien longtemps, aller à la rencontre de belles maîtresses, plutôt que de partager la couche de sa femme. Anne, contrairement à ce que la reine pouvait penser, ne partageait pas la chambre du roi et elle n’y avait même jamais mis les pieds. Elle y avait seulement vu son bureau, la petite salle à manger, dans laquelle elle partageait par moment ses repas avec lui, mais jamais la chambre. De plus, lady Boleyn s’était dit de ne jamais entrer dans cette antre, tant que l’union entre Catherine et son bien aimé roi n’était pas dissoute. Anne même si elle n’y était pas autorisé, regarda la reine droit dans les yeux et elle lui répondit respectueusement. « Votre majesté, la chambre de sa majesté m’est inconnue et elle le restera tant que notre roi sera marié à votre majesté. » Même si elle était aimée du roi, Anne ne souhaitait pour rien au monde que ses ennemis ne l’accusent de crime de lèse-majesté. Depuis toujours, la belle avait été respectueuse et digne, ce n’était pas face aux difficultés de la vie qu’elle changerait. Alors qu’elle pensait prendre congé de la reine, pour la laisser avec sa fille, celle-ci l’invita à faire quelques pas en sa compagnie, pour Dieu sait qu’elle raison. Anne lui répondit simplement d’un : « Oui votre majesté. »

C’est ainsi que la femme et l’amante prirent les allées des jardins, tout en marchant, visiblement comme des amis, mais si une personne s’approchait de près de la scène, elle verrait que la tension était palpable. Anne même si elle possédait toute son assurance, n’aimait pas une telle situation, elle préférait faire comme avant, saluer et ignorer par la suite la reine. Pour rien au monde, elle n’aurait imaginé faire quelques pas en sa compagnie. Cette rencontre, une fois qu’elle allait être relatée à toutes les personnes de la cour, allait faire jaser. Et Henry qu’allait-il en penser ? Le silence entre les deux femmes étaient palpables, Anne dont le rang était bien inférieur à la reine, ne pouvait débuter la conversation, elle se devait d’attendre, devant supporter les regards que Catherine lui envoyait. Même si la jeune lady détestait cette femme qui l’empêchait de s’unir, à l’homme qu’elle aimait. Au fond, elle l’admirait. La reine était une femme remarquablement courageuse pour supporter une telle situation, surtout que son avenir se trouvait entre les mains du pape, mais aussi de celles du roi, qui entendait bien ne pas écouter les ordres du souverain pontife. Le silence prit fin une fois que la reine vint à parler, Anne l’écouta évoquer le passé, ce passé où elle n’était qu’une simple dame d’honneur, servant Catherine. Cette époque remontait il y a longtemps, très longtemps, mais pourtant depuis, les choses n’avaient pas évolué. Anne était toujours là, certes avec bien plus de privilège, mais elle n’était pas la femme d’Henry et cela, c’était ce qu’elle désirait le plus. « Les temps changent votre majesté et notre monde évolue. Il a suffi de quelques mois pour que l’Espagne découvre de nouvelles terres, montrant ainsi que le monde est vaste. Pouvons-nous empêcher les choses d’évoluer. En venant ici il y a bien longtemps pour devenir dame d’honneur de votre majesté, je ne pensais pas causer de tels changements. Ne pensez-vous pas que si cela n’avez pas été moi, il y aurait eu une autre personne à la place ? »
Anne regarda le visage de la reine. Sur celui-ci, elle ne voyait aucunes émotions en dehors de la froideur. Même si la reine était aimée de son peuple, le roi n’avait plus d’attirance pour elle. Les robes noires qu’elle portait enlevées toutes gaités. Henry ne pouvait que fuir vers de belles et joyeuses jeunes femmes, l’austérité n’était pas faite pour lui. Voilà pourquoi Anne se battait pour l’obtenir, elle voulait le rendre heureux et enfin lui donner le fils tant attendu, cette tâche, Catherine ne l’avait pas réussi, son temps était désormais révolu.
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MessageSujet: Re: Le souffle du printemps égare nos esprits. [Libre]   Jeu 17 Mai - 10:25

Les deux femmes avançaient d'un pas lent, se calant sur le rythme de Catherine qui marchait tranquillement, les bras croisés sur sa poitrine. Elle écoutait d'un air quelque peu absent la réponse d'Anne, bercée par le chant des oiseaux et sa voix posée qu'elle devait bien reconnaître charmante. Elle aurait voulu lui trouver mille et un défauts, mais tout dans son attitude était politiquement correcte et aucun reproche concernant un manque de respect direct ou encore une frivolité publique à faire rougir de honte ses aïeux ne pouvait lui être fait. Car si tout le monde savait ce qui se passait entre elle et son époux, tous deux se cachaient bien de le montrer au grand jour, se contentant quand il y avait foule d'échanger quelques regards complices ou encore une danse où leurs corps ne cessaient de s'effleurer. Et c'était sans doute cela qui faisait chaque jour un peu plus souffrir Catherine, qui un jour, avait été heureuse avec cet homme qu'elle connaissait si bien et dont elle pouvait décoder la signification de tous les gestes qu'il avait à l'égard d'Anne. Alors oui, les choses évoluaient. Inévitablement. Mais si la reine aurait voulu qu'il en soit autrement, elle se pliait à la volonté divine qui guidait ce monde et la vie de chacun, dans les bons et les mauvais moments. Si Anne était là aujourd'hui, reine de l'ombre, reine de cœur sans doute, ce n'était pas un hasard. Une épreuve, une de plus était imposée à Catherine et c'est la tête haute, avec de façon posée qu'elle l'affronterait. Pour elle, pour l'image de l'Angleterre, mais surtout pour Mary. Au fond, elle savait que résister face ce couple qui chaque jour devenait un peu plus fort serait chose ardue voire impossible, mais le pape et plus important encore, une bonne partie du peuple la soutenait. C'est pourquoi au fond d'elle vivait encore l'espoir de voir Henry retrouver la raison et lui revenir pour le bien de tous.
Catherine s'arrêta brusquement et regarda la jeune femme avec un léger sourire qui n'en était pas moi sincère.

- Et bien voyez-vous, non. Je ne pense pas qu'une autre aurait pu faire battre le cœur d'Henry comme vous aujourd'hui. La reine soupira longuement avant de reprendre. Même s'il m'est dur de l'admettre, je vois en vous quelque chose que les autres femmes de votre âge n'ont pas.

Au fond, bien que par sentiment égoïsme elle l'aurait voulu, elle ne pouvait se résoudre à détester Anne. Évidemment, elle n'avait pas à son égard d'affection et se retrouver à ses côtés était un calvaire intérieur qu'elle essayer de cacher en apparence, mais la haïr ? Non. Après tout, elle était jeune, belle, avait de l'esprit et était à la cour dans son élément. Alors en un sens, Catherine comprenait ce qu'elle pouvait bien ressentir. Finalement, ce n'était pas bien différent de ce que la reine avait connu il y a des années déjà, quand sa beauté était rayonnante et qu'on voyait en elle la mère d'un héritier pour le trône, chose qu'elle n'avait malheureusement jamais pu offrir à la couronne.
Toujours à l'arrêt, elle plongea bleu son regard dans celui de l'aimée du roi.

- Mais ne voyez pas dans mes dires une quelconque forme de bénédiction de ma part. Je reste sur mes positions : la place d'un époux est aux côtés de sa femme.

Elle se remit alors à marcher et surpris à ce moment quelques courtisans qui regardaient les deux femmes tout en discutant à voix basse entre eux, leur main cachant leur bouche comme s'il ne voulait pas que le bruit qui s'en échappait fasse écho. Pourtant, c'était bien ce qui risquait d'arriver puisque d'ici ce soir, toute la cour risquait d'être au courant de cette petite promenade qu'avait effectué la reine en charmante compagnie. Dans la soirée on jaserait sans doute, se demandant ce qui avait bien pu se dire, quels secrets auraient-elles pu échanger... Pour mettre fin à cet épiage très désagréable, Catherine leur lança un regard froid qui eut pour effet de les faire déguerpir. En effet, elle disposait encore d'une prestance qui en impressionnant plus d'un et son statut de reine officielle à qui on devait obéir ne pouvait pour l'instant être remis en cause.
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MessageSujet: Re: Le souffle du printemps égare nos esprits. [Libre]   Ven 25 Mai - 19:28

Le peuple aimait Catherine, tous adulaient cette reine de cœur qui généreuse possédait le soutient de son peuple. On la connaissait dans une rude épreuve, qui se matérialisait sous la forme de la douce Anne Boleyn. La lady savait à quel point il était difficile de faire face à un ménage à trois, ménage que les deux femmes supportaient depuis de nombreuses années. Toutes deux souhaitaient au fond de leur cœur voir l’autre chuter pour garder le cœur du roi Henry. Anne par son charme, sa jeunesse et son intelligence avait sût attirer le roi vers elle et conquérir son cœur. Le roi, après de nombreuses années d’amour, s’était lassé de sa reine. Désirant ardemment l’héritier qu’elle ne pouvait plus lui offrir, il s’était mis plus qu’à ressentir pour elle une tendre affection qui avec le temps se flétrissait. Aujourd’hui et depuis qu’Anne était entrée dans la vie de son souverain, le couple royal ne connaissait plus que la tension. Lady Boleyn n’aimait pas cette situation, elle désirait le roi, elle voulait satisfaire son père et les ambitions de ce dernier, mais elle se sentait par moment de trop. Dans ce palais, il y avait un roi, une reine et elle, elle n’était que la maîtresse, ou la putain comme certains se plaisaient à l’appeler. Elle n’était rien, juste une opportuniste. Cependant, elle désirait tellement et elle savait qu’elle n’avait rien à voir avec ces mots mélioratifs. Ce qu’elle voulait, c’était le bonheur du roi, pour qui elle nourrissait une très grande fidélité et un intense amour.
Marcher aux côtés de Catherine n’était point une chose inédite. La jeune femme avait partagé le quotidien de la souveraine, quand elle était autrefois une dame d’honneur. Mais, depuis que la relation entre le roi et Anne avait été révélé au grand jour, la jeune lady n’avait plus eu ce plaisir de converser en compagnie de la reine. Plaisir, ce mot était bien trop fort, Anne était bien plus anxieuse, ne désirant pas faire de faux pas, elle analysait ses mots pour garder toutes formes de respectabilité envers cette femme dont elle voulait tant prendre la place. Catherine lui fit un compliment, elle lui avoua que nulle autre femme n’aurait pu conquérir le cœur du roi. Anne ne savait pas comment prendre ses mots, mais elle se sentait flatter, surtout que cette femme avait passé de nombreuses années en compagnie d’Henry. Que devait-elle répondre à la reine, elle ne voulait pas approuver ses dire de peur de passer pour une personne peu modeste, elle ne pouvait encore moins passer pour une fausse modeste, ni pour une hypocrite.

« Je vous remercie votre Majesté. Mais mon seul soucis est de plaire et de rendre heureux le roi. Déclara-t-elle. Si je dois m’effacer, à sa demande, je le ferais. »

Il était vrai que lady Anne le ferait, même si elle savait qu’elle en ressortirait le cœur brisé. Au tout début de cette histoire, ce n’était qu’un jeu, son père voulait gagner en avantage et Mary ne satisfaisait plus le roi, Anne avait été la cinquième roue du carrosse. Cependant, pour se faire aimer du roi, elle avait dû mettre de côté sa relation avec Thomas Wyatt. Cet homme, elle l’avait aimé, mais le roi avait fini par faire chavirer son cœur, si bien qu’elle s’était laissé aller vers ce sentiment, abandonnant Thomas. Ce jeu avait chamboulé sa vie et la jeune Anne avait bien changé, elle était devenue une femme : une femme aimait d’un roi.
La jeune Mary qui avait laissé les deux femmes ensemble se trouvait au loin. Anne la regarda. Elle n’appréciait pas cette enfant, tout comme celle-ci ne l’aimait pas. La princesse Mary ressemblait beaucoup à sa mère, mais son caractère était proche de celui de son père. Anne était jalouse de cette enfant, elle qui voulait par-dessus tout enfanter un héritier pour sa majesté, elle ne supportait pas de voir cette petite princesse, qui pourrait un jour revendiquer la place de l’enfant qui viendrait à naître du couple. En ce qui concernait Henry Fitzroy, Anne ne s’en inquiétait pas, l’enfant était illégitime et elle adorait voir le regard attendrit d’Henry quand il voyait son unique fils.

« Votre Majesté, la princesse Mary est vraiment très belle, est-ce qu’elle a de nombreux prétendant. Peu de rumeurs courent à ce sujet à la cour. »

Elle devait être indiscrète, mais orienter la conversation vers la personne que la reine vénérait le plus lui semblait plus judicieux. En plus, Anne serait peut-être fixée sur l’avenir de cette enfant bien trop encombrante et trop dangereuse pour elle et son avenir. Même si Henry était roi, si il venait à mourir, ce serait Mary son héritière et contrairement à la France, l’Angleterre pouvait très bien voir sur son trône une femme. Mary n’aimant pas Anne, si cette situation venait à arriver, elle se trouverait en danger, ce qu’elle ne souhaitait pour rien au monde.
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Catherine d'Aragon

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MessageSujet: Re: Le souffle du printemps égare nos esprits. [Libre]   Ven 15 Juin - 20:36

Rendre le roi heureux... Catherine avait un jour était capable de remplir ce rôle, mais comme disait Anne, les temps changeaient. Ceux qui disaient l'amour plus fort que tout, plus fort que le temps avait en l'image du couple royale la belle preuve que ceci n'était que chimère. Comme la vie, il se fanait peu à peu au fil des années, devenant un jour à sens unique en supposant seulement qu'il ne s'envole pas tout simplement. Ne restait alors que l'espoir. L'espoir que la raison ne l'emporte pas sur la passion. L'espoir d'un renouveau qu'au fond on savait pourtant impossible. L'espoir d'une clémence royale et surtout divine. Car si un jour il venait à quitter notre cœur, c'était cette immense tombe creusée par le désarroi et la souffrance silencieuse qui rongeait notre être qui nous tendrait les bras. Si l'homme ne naissait pas pour être heureux, il naissait pour espérer.
La reine s'arrêta quelques secondes et ferma les yeux pour tourner son visage mais ce soleil tiède qui vint caresser sa peau pâle. L'astre brillait dans le ciel anglais lui semblait lui aussi se flétrir. Elle avait l'étrange impression que sa chaleur était année après année un peu moins intense. Comme si la terre toute entière se refroidissait autour d'elle. Qu'aujourd'hui plus encore qu'auparavant plus rien ne pouvait la réchauffer complètement. Un frisson constant s'était installé en elle. De nostalgie peut-être. D'angoisse sûrement. Ces longues nuits sans dormir tant l'idée de se voir remplacer par cette intrigante ; le trône d'Angleterre lui échapper : l'avenir de Mary partir en fumée avaient sans doute eut raison de sa santé déjà fragile. Lorsqu'elle voyait son reflet, elle ne voyait plus que l'ombre d'elle même. Le visage d'une femme faible et non de celle qui devait représenter le pays. Ne sachant visiblement pas quoi répondre à la remarque de son interlocutrice, Anne réorienta sur un sujet qui elle le savait la ferait sourire : sa belle Mary. Enfant inespérée qui avait comblé de bonheur sa mère. Chérie par ses parents, la jeune fille avait fait la joie du couple royal. Et si aujourd'hui Henry reprochait continuellement son épouse d'être incapable de lui donner un héritier mâle, la princesse était un joyau aux yeux de son père.

- Si vous saviez comme elle me rend heureuse, soupira Catherine qui se remit à marcher. Et je sais qu'elle comblera également l'Angleterre. Les prétendants sont bien sûr nombreux et portent des noms prestigieux, mais qui que soit son époux, elle se révélera être une grande souveraine. Son règne sera une bénédiction pour le pays et pour l'Europe tout entière, continua-t-elle avec un grand sourire et des yeux pétillants.

Elle croyait sincèrement que Mary saurait faire preuve de bonté et de fermeté à la fois, guider le peuple et être à son écoute. Son intelligence et son désir de bien faire sauraient éclairer sa politique en faveur de tous. Bien sûr, elle craignait pour sa fille et ce qui pourrait bien advenir d'elle si jamais elle venait à quitter le trône. Mais ses prières et ses supplications auprès du roi ne sauraient être vaine. Jamais il ne pourrait renoncer à sa fille légitime. Jamais il n'aurait la froideur et la cruauté de lui retirer ses privilèges. Il avait assez de respect pour sa famille pour ne pas renier sa descendante, celle qui à l'avenir devrait prendre sa suite. Et quand bien même il y avait remariage, il n'oserait pas l'écarter de la succession au profit des progénitures que cette femme pourrait lui donner... Du moins c'était le seul vœux qui ait une réelle importance aux yeux de Catherine. On pourrait bien lui retirer son titre, tant qu'on laissait à sa fille ses droits, elle se plierait à cette décision non pas sans garder le goût amer de l'humiliante défaite qui serait sienne.

- Je vous souhaite malgré tout de connaître un jour la maternité, Lady Anne, ajouta-t-elle. L'amour filial est sans doute le seul dont on ne pourrait jamais douter. Car hélas, l'amour matrimonial n'est souvent qu'un long supplice, quelle que soit la place que nous occupons...

Tant épouse que maîtresse, la souffrance était omniprésente. Ne pouvant se résoudre à en vouloir à Anne, en un sens elle compatissait. Car elle avait beau lui envoyer quelques piques, mais qui ne l'aurait pas fait à sa place, elle comprenait que sa position, bien que différente devait être parfois quelque peu difficile à assumer pleinement. Être vue de tous comme celle qui semait la discorde en haut de l’État, être traitée de tous les noms d'oiseaux par les partisans de la reine, briller à la cour mais n'être pas reconnue... C'était le genre de situation qu'on ne pourrait souhaiter à personne, quoi que la sienne n'était sans doute pas plus enviable... Et pourtant toute la compréhension du monde ne pourrait faire oublier à Catherine que rester passive, ne pas s'opposer à ce pêcher d'adultère serait bafouer les engagements sacrés qui la liaient à Henry.
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Anne Boleyn

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MessageSujet: Re: Le souffle du printemps égare nos esprits. [Libre]   Mar 26 Juin - 19:13

Anne le savait, elle était une femme intelligente, très intelligente même. Son instruction était digne de la plus haute noblesse anglaise et son vif esprit lui a permis de conquérir le cœur de son roi. Thomas Boleyn avait voulu que sa famille s’instruise correctement. Elisabeth, la mère fit en sorte de leurs instruire les rudiments du bon parlé et aussi l’art de la conversation, par la suite, c’était dans les différentes cours d’Europe qu’ils devaient créer leurs savoirs. La jeune femme avait lu de nombreux livres et à la cour de François Ier, elle avait fréquenté les cercles humanistes, lui donnant une multitude de connaissances. La belle avait ainsi apprise plusieurs langues, comme le latin, le français et l’espagnol, ce qui lui permettait de converser avec de nombreuses personnes. Elle avait aussi commencé à étudier l’allemand. Dernièrement Anne, s’intéressait vivement aux idées luthériennes, même si celles-ci étaient révoquées dans la plupart des pays européens. Se fournir en livre, n’était pas bien difficile, il suffisait d’avoir de bonnes relations. Cependant, très discrète, elle conversait toujours ses livres bien cachaient, on ne savait jamais où la religion pouvait nous conduire, aux connaissances divines ou au billot. De ce point de vu, Catherine était l’opposée d’Anne, fervente catholique la reine d’origine espagnole contrastée avec la fraicheur et l’esprit vif de la jeune femme. Catherine était une femme intelligente, mais elle était totalement soumise au roi. Anne de son côté, voulait être reine, mais aussi conseiller son roi, parfois, au détour d’une conversation, elle lâchait une idée, en espérant que son amant l’écoute. Lady Boleyn se voulait influente, mais pas trop, elle avait bien compris qu’Henry régnait seul en compagnie de Wolsey qui avait toujours une très grande influence envers le roi.
En orientant la conversation sur la princesse Mary, Anne se doutait bien que Catherine vanterait les qualités de sa chère fille. Après tout, être mère était le plus beau cadeau que le Seigneur puisse offrir à une femme et la jeune femme espérait aussi pouvoir connaître les plaisirs de la maternité. Tomber enceinte et offrir un héritier au roi était son plus grand souhait, mais tant que sa majesté sera encore marié, ce vœu était impossible à réaliser. Si Anne m’était au monde un enfant, il serait considéré comme un bâtard, et jamais, elle ne pourrait devenir reine, ainsi elle était prudente, se refusant même charnellement au roi pour éviter une grossesse.

« Je n’en doute pas votre majesté, elle a la beauté de ses parents, je pense qu’elle n’aura aucun de mal à se trouver un bon mari. Les princes sont nombreux en Europe et la princesse est la fille de l’un des plus grands rois de ce monde. »

Anne ne préféra pas s’étendre sur le fait que Mary pouvait devenir reine de ce pays, non ce n’était pas cette petite princesse qui succéderait à son père, mais bien l’enfant qu’elle donnera à Henry. Lady Boleyn veillerait à ce que Mary soit éloignée une fois le divorce prononcé, il n’y avait pas de raison pour que la jeune fille soit mise en concurrence avec ses futurs enfants. Elle ferait tout de même en sorte que la princesse soit bien traitée et qu’elle puisse avoir un mari convenable, elle pourrait même épouser un prince européen et devenir reine d’un autre royaume, mais pas de celui-ci. Catherine dans toute sa complaisance souhaita à la jeune femme de connaitre elle aussi le plaisir d’être mère, elle souligna aussi que l’amour matrimonial pouvait provoquer la souffrance. Cette dernière chose, Anne ne pouvait le nier, elle avait bien vu comment le mariage entre le roi et la reine avait éclaté et cela bien avant d’avoir captivé le regard du souverain anglais. Mais il y avait d’autres souffrances, comme celle de perdre son conjoint. Anne avait bien vu à la mort de sa chère mère, la souffrance de son père, jamais elle n’avait vu cet homme si malheureux. Oui l’amour faisait mal, mais il nous rendait aussi plus fort.

« J’espère le connaitre votre majesté, rien n’est plus beau que le lien entre une mère et ses enfants. Ma propre mère était la personne que j’admirais le plus au monde et vous-même, vous êtes la fille de la grande Isabelle de Castille, elle est un modèle pour toutes les femmes. »

Les paroles de la jeune femme pourraient passer pour un trop plein de compliment, mais Anne admirait les grandes femmes de ce monde, celles qui ont marqué l’Histoire, elles étaient peu nombreuses, mais toutes aussi extraordinaires les unes des autres.

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Catherine d'Aragon

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MessageSujet: Re: Le souffle du printemps égare nos esprits. [Libre]   Sam 14 Juil - 21:07

Le temps se couvrait peu à peu et le soleil radieux semblait laisser place à quelques nuages gris. Bien qu’au printemps, les beaux jours alternaient encore avec des moments de grisailles qui pesaient à tous. Toujours en compagnie de la belle Anne, Catherine changea alors de route pour emprunter une petite allée bordée de hauts buissons empêchant les regards indiscrets de suivre les deux femmes. Bien que le ciel commençât à se faire menaçant, la reine n’accéléra pas l’allure, s’amusant intérieurement de ces courtisans dont elle entendait au loin les pas se presser vers le château. Cet instant durant lequel le parc se vidait lorsque les gouttes de pluie se faisaient imminentes était étrangement agréable et bien que lourde, l’atmosphère semblait incroyablement paisible. Une légère brise se mit à souffler et vint caresser le visage pâle de Catherine qui arborait un sourire paisible. Ses traits étaient détendus et il paraissait que rien ne pouvait venir la troubler. Du moins pour aujourd’hui. Après un instant de silence, elle répondit à son interlocutrice d’une voix posée.

- Mes ancêtres sont pour moi des modèles mais vouloir les égaler serait une cause bien difficile à atteindre. Et au fond, nous ne sommes que peu maîtres de notre existence car ce qui nous arrive ici-bas n’est que la répercussion d’une volonté divine qui nous échappe. La seule chose qui nous importe vraiment est la manière d’aborder les différences épreuves que Dieu nous impose. En acceptant avec dignité, ou en refusant la fatalité pour ne souffrir que plus.

Si Catherine n’était persuadée que de peu de choses dans ce monde, elle était certaine que l’acceptation des décisions divines était la première des vertus que tout homme et toute femme sur cette terre se devaient d’avoir. Reconnaître qu’au-dessus de nous se trouvait une force trop puissante pour qu’on puisse la comprendre, et l’accepter était le premier pas vers une vie saine, en accord avec Dieu et soi-même. Parfois pourtant, cette règle était faite de contradictions et pourquoi pas d’exceptions. En effet, lorsque quelqu’un, pour en pas citer le roi, bafouait ouvertement la religion il paraissait impensable de ne pas s’insurger. C’était d’ailleurs la position que la souveraine adoptait, convaincue qu’elle avait pour devoir de ramener son époux dans le droit chemin.
Elle fut soudainement tirée de ses pensées par une goutte d’eau qui tomba sur sa joue, annonçant que l’averse était prête à tomber sur Londres. Heureusement, en seulement quelques pas, les deux femmes se trouvèrent à l’abri, la tête protégée par un patio qui leur permettait cependant d’admirer le rideau d’eau qui voilait les jardins. Au côté de celle qu’on pourrait qualifier de « rivale », elle resta debout sans bouger durant quelques instants, ne pensant à rien si ce n’était à apprécier le moment présent.

- Bien qu’espagnole d’origine, je croie que je demeure anglaise de cœur, aimant à admirer la pluie tomber… Il me semble qu’elle a l’étrange capacité d’effacer tous les maux.

Plus d’Anne, plus de Catherine, juste deux femmes qui au fond se connaissaient si peu, et pourtant deux femmes qui ne pouvaient se résoudre à se détester même si beaucoup s’en étonnaient. Si le silence qui s’installait entre les deux femmes ne pesait pas à Catherine, elle trouva judicieux de laisser à lady Boleyn la possibilité de vaquer à ses occupations, quoiqu’elles n’auraient sans doute que peu plût à la reine.

- Sachez ma chère Anne que ces quelques pas avec vous m’ont été agréables. Malgré nos différents inévitables, votre compagnie est toujours appréciable. A présent, je ne vous retiendrai pas plus longtemps et vous souhaites une bonne fin de journée.

D’un petit mouvement de la tête, elle signifia à la courtisane qu’elle pouvait se retirer et n’avait de ce fait plus à subir sa présence. Catherine ferma les yeux une seconde, se délectant encore un peu de ce petit instant de calme puis tourna les talons en direction de l’intérieur du palais. Après ces longues minutes en extérieur, en tenue loin d’être royale et sans couronne, elle se résolue à se diriger vers ses appartements afin de revêtir quelques habits plus dignes avant de rejoindre la foule des courtisans pour y tenir son rôle. Rester là, devant ces requins, sans rien dire sauf des banalités, sans rien faire si ce n’était paraître et sauver les apparences tant qu’il en était encore possible. Celle qui en cet après-midi ne voulait être que Catherine se préparait à redevenir reine, statut dont parfois elle aimerait pouvoir se passer.
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Anne Boleyn

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MessageSujet: Re: Le souffle du printemps égare nos esprits. [Libre]   Dim 22 Juil - 22:06

Après cette conversation, Anne avait une toute autre vision de la reine, même si l’instant avait été bref, elle avait compris que Catherine ne renoncerait pas à sa position. Elle acceptait son destin et les volontés divines, ce qui n’était pas le cas de celles de son roi. Henry voulait le divorce et il l’attendait inlassablement, tout comme lady Boleyn qui étouffait face à ce ménage à trois. Un couple devait être formé par deux personnes et ici il y en avait une en trop. Anne le savait, n’étant pas l’épouse de Henry, elle était l’élément défaillant. En se rendant compte de cela, sa mine s’assombrit. Elle avait conscience de briser une union, mais son amour pour Henry était fort, passionnel et éternel, elle ne voulait pour rien au monde y renoncer. De plus, si elle arrêtait tout cela, elle était sûre que son père la renierait. Thomas Boleyn tenait beaucoup à ce que sa fille conserve sa place auprès du toi, quitte à faire parjurer sa descendance. Son ainée avait été mise la première sur scène, mais elle n’avait su apporter ce dont les Boleyn désiraient. Tous les espoirs étaient sur les épaules d’Anne et celle-ci commençait à ressentir un poids beaucoup trop lourd pour elle. Au fond, elle admirait Catherine, elle-même aurait la force de continuer, mais elle n’était pas sûre de le faire aussi dignement qu’elle, après tout, Henry mettait en doute sa virginité, ce qui pouvait être déshonorant pour une femme et humiliant.
Aux premiers mots de la reine, Anne ne fit qu’acquiescer, elle préférait nettement garder dans sa mémoire les paroles de sa souveraine. Les deux rivales continuèrent de marcher, jusqu’à ce que les premières goûtes annonciatrices d’une averse de pluie se mirent à tomber. Avant de se retrouver sous des trombes d’eau, les deux femmes s’abritèrent sous un charmant patio décoré de roses, dont les premiers boutons n’attendaient qu’un peu plus de vivacité pour éclore. Catherine parla à propos de la pluie, disant que celle-ci effacée les maux. Il était vrai, depuis le début de leur promenade les deux femmes qui ordinairement ne se côtoyaient pas, avaient conversé d’une manière bien agréable. Anne regardait la pluie mélancolique. Avait-elle tort de faire tout ceci ? Elle savait depuis toujours qu’elle accomplirait un incroyable destin, mais peut-être que devenir l’épouse d’Henry n’était pas celui qu’elle devait accomplir. La jeune femme doutait, après tout, l’amour et le respect que Catherine portait envers le roi était tout aussi puissant que le sien. De plus, rien ne pouvait empêcher la princesse Mary de devenir reine. L’Angleterre n’était pas comme la France, ici la loi salique n’existait pas.

« Madame, vous êtes bien plus anglaise, qu’espagnole, votre peuple vous aime comme si vous étiez nait sur le sol anglais. » dit la jeune femme évasivement.

Lady Boleyn ne cherchait pas à plaire à Catherine, mais elle était réellement sincère dans ses paroles. Le peuple anglais aimait sa souveraine et beaucoup avait du mal à comprendre les choix du roi, dans les milieux populaires, la grande affaire était très malvenue dans les conversations. Anne savait que son rôle dans cette affaire ne la rendait pas populaire, elle voyait très bien les regards qu’on pouvait lui lancer et elle le regrettait. Elle aimait le roi et ne pouvait se passer de lui.
Il était maintenant temps de se détourner du même chemin. Catherine avoua avoir passé un bon moment en sa compagnie, ce qu’Anne accueillit avec un charmant sourire. Les deux femmes prirent congés l’une de l’autre, mais avant de quitter la reine, Anne lui dit :

« Votre majesté, je pense quitter pour quelques temps la cour. Peut-être qu’en m’éloignant du roi, ce dernier pourrait changer d’avis à propos de votre union. Même si cela me désavantage, cela vous permettra peut-être de vous rapprocher de sa majesté. J’aime sa majesté, mais dans toute cette affaire il y a une personne en trop et n’étant pas l’épouse du roi, je me dois de m’écarter. »

Anne était elle-même étonnée de ses paroles, mais elle fit une gracieuse révérence à sa souveraine avant de partir, la laissant avec ces mots. La jeune femme retourna dans ses appartements croisant au passage les courtisans qui la regardaient tous avec attention. Elle était la personne à suivre à la cour, mais aussi celle qu’on aimait détester. La décision de la jeune femme était prise, elle partirait pour Hervers.
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