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 Une première rencontre de la gente féminine... [PV : Erika de Malmö]

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William B. Merryweather
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MessageSujet: Une première rencontre de la gente féminine... [PV : Erika de Malmö]   Dim 1 Avr - 16:29



Le Commencement d'une Nouvelle Vie...
Erika de Malmö & William B. Merryweather
Précédemment...
Domaine de Moonacre, Angleterre, Fin d'Après Midi.
Un petit bout d'Angleterre très peu connu de la société mondaine anglaise et et pourtant si important s'anime doucement avant la fin de la journée...
Traversons donc la forêt de ce grand domaine pour en venir à son petit village avec sa centaine d'habitants. Le village de Moonacre est très petit alors il est facile d'y faire circuler les dernières nouvelles toutes fraîches. Aujourd'hui, il y a justement une rumeur qui ne laisse point indifférent la totalité des villageois... Jeunes, vieux, petits, grands, hommes, femmes et enfants l'ont tous entendus... Mais que se passe-t-il dans le Château de Moonacre ? Le maître s'apprête-t-il vraiment à partir ? Lui qui n'est jamais allé voir le village qui appartient pourtant à son propre Duché ? Lui qui ne sort jamais de sa grande demeure sauf pour aller se promener et chasser dans sa forêt isolée ? Lui, le Duc solitaire de Moonacre, qui n'aimant que son cheval et sa nièce ? C'est impossible !
Et pourtant, c'est bien vrai... Sir William Benjamin Merryweather est vraiment en train de préparer ses valises pour partir en voyage... Pour quelle raison ? Les villageois s'interrogent beaucoup, il savent que leur Duc n'est pas du genre à prendre une telle initiative sans véritable et valable raison ! Alors, les villageois formulent divers suppositions... "Il part pour affaires urgentes", "On a retrouvé son frère", "sa nièce a trouvé le moyen de le faire voyage" ou encore "il veut se changer les idée", pour les plus audacieux de la pensée "Il a trouvé une autre Amelys à aimer"...
Et bien, il y a du vrai et du faux dans tout ça. Aller, venez un peu voir ce qu'il se passe véritablement dans cet étrange château reculé au fin fond de la forêt...


Château de Moonacre, Angleterre, Fin d'Après Midi.
Nous voilà donc au château... Il est très imposant et les hectares de terrains qui l'entourent le sont plus encore. Ça y est, on aperçoit depuis une fenêtre une jeune fille rousse et très souriante habillée très somptueusement. Elle a un air satisfait au visage, des domestiques s'activent autour d'elle, ils déplacent des tas de choses, des livres, des bibelots, des lettres mais aussi des vêtements, mais se ne sont pas des vêtements de fille, tout au contraire, se sont des vêtements d'homme, et d'homme adulte de surcroit. Et le voilà enfin... De son mètre quatre-vingt-dix, le Duc de Moonacre apparaît dans la pièce. La jeune fille rousse s'approche de lui, toute heureuse. Lui par contre, semble plus malheureux qu'elle. Il a un air étrange dessiné sur ses traits, il a un regard froid, il ne sourit pas et fronce des sourcils. C'est un air froid et renfermé qu'il porte. Cet air distant, détaché, préoccupé et blessé, vous voyez ? Dans tous les cas, il ne semble pas heureux de partir...


Jeune Fille Rousse :
«Oh mon oncle, ne faites pas cette tête, ce voyage à Londres vous fera le plus grand bien vous savez. Se sera l'occasion de rencontrer du monde, de sortir un peu ! Promettez-moi d'y aller et de vous amuser, hein ? Sir Merryweather ? Répondez je vous pris ! Et veuillez paraître un peu plus joyeux ! Même si ce n'est que façade...»

William B. Merryweather :
«Vous le savez très bien Maria, je parts parce-que je n'en ai pas le choix, vous m'y avez forcée sans que je puisse donner mon avis, vous seule avez décidé de ce voyage pour Londres...»

Maria Merryweather :
«Monsieur ! Réfléchissez un peu ! Ne voyez-vous pas là une très belle occasion de pouvoir suivre dans les moindres détails vos enquêtes et affaires et même enquêter vous-même, non ? »

William B. Merryweather :
*souffle* «Vu sous cet angle, il est vrai que ce voyage a tous ses plaisirs et avantages, mais vous le savez bien, et même très bien Mademoiselle, qu'il est pour moi très difficile de vivre en communauté et de paraître en public... Enfin, ce que vous venez de dire est très juste, alors il va falloir que je fasse des efforts pour m'adapter à Londres...»

Maria Merryweather :
«Aaah, et bien en voilà une bonne chose ! Promettez-moi aussi de m'écrire très régulièrement, je dirais même souvent et de répondre à toute mes lettres ! D'accord ?»

William B. Merryweather :
*souffle de nouveau* «Oui... C'est promis ma nièce...»

La jeune fille se réjouie alors, heureuse de voir que son oncle avait fini par accepté ce qu'elle lui avait imposée. Et c'est ainsi que la journée se termina, les domestiques avaient fini de préparer les affaires du Duc et tout le monde regagna sa chambre ou ses appartements respectifs...

Château de Moonacre, Angleterre, Milieu de la nuit.
Lentement et très doucement, des petits pieds se font entendre sur le planché. Malgré les lattes grinçantes, la marche de ces petits pieds ne réveille personne dans le grand château... Mais que font-ils en pleine nuit et à qui appartiennent-ils ? Très facile à deviner... Cette démarche est légère, féminine et enfantine, et il n'y a qu'une seule jeune fille dans la demeure, vous l'auriez deviné, ces petits pieds appartiennent à Maria. Mais que fait-elle donc à cette heure-ci ? Personne ne le sait sauf elle. Elle a une idée derrière la tête, et temps qu'elle n'aura pas accompli son souhait, elle ne sera pas couchée. Elle ne veut qu'une seule chose, revoir son oncle avant son départ... Et oui, elle a beau avoir un physique enfantin, elle a tout de même 17 ans et à cet âge là, les jeunes filles rêvent toutes d'une chose, se marier avec l'homme qu'elles aiment... Et c'est à ça qu'elle pense Maria, elle est secrètement amoureuse de son oncle... Oui, William est son oncle et il a 27 ans, mais les deux problème se résolvent rapidement. Le lien familial qui les lie n'a pas vraiment d'importance, il est plus officiel que de sang. Et pour l'âge, il y a déjà eu des mariage entre une jeune fille et un très vielle homme juste pour éviter la perte d'un héritage. Alors Maria ne se pose plus trop de questions, tout ce qu'elle veut, c'est William...

Elle se faufile donc discrètement à travers le château pour arriver devant la chambre de son oncle. Celui-ci lui avait pourtant formellement interdit de venir dans cette partie du château, mais elle a contourné le règlement, ne respectant pas les vœux de William. Cependant, elle ne s'attendait pas à ce qui va lui arriver. En se trouvant devant la porte, elle pensait entendre un doux souffle venant de la chambre, montrant que William dormait, mais se n'est pas ce qu'elle entendit. À la place, il y avait une grande agitation et des cris graves et désespérés dans la chambre, des objets étaient jetés au sol, des verres se cassaient dans des grands fracas... Et puis soudain, plus rien... Seulement des bruit de pas trainés et lourds se dirigeant vers le fond de la chambre... La pauvre Maria se demandait ce qui se passait à l’intérieur mais n'osait pas ouvrir la porte... Elle attendit donc, quand soudain, le son d'un piano se fit entendre. Une mélodie noire, rageuse et tourmentée s'échappait alors des murs de la chambre... Maria était restée plaquée contre la porte, un sentiment oppressant la gardant ainsi tout le long de la musique. Elle avait peur... Peur pour elle, peur pour ce qui se passait dans cette chambre, peur pour son oncle... Se ne fut qu'à la presque fin de la tragique mélodie que la jeune fille se détendit. Malheureusement, elle ne fit pas assez attention, et son soupire de détente s'entendit à travers la porte de bois. Alors la musique s'arrêta net, des pas lents, méfiants et menaçants se dirigèrent vers la porte. Maria se retrouva tétanisée par la peur, ne pouvant donc pas bouger ne serait-ce que le petit doigt... La porte s'ouvrit mais Maria ne se retourna pas... C'est seulement quand une grande main froide et moite vint toucher son bras qu'elle sortit de sa torpeur en se retournant violemment...

Il était là, lui, le grand Duc de Moonacre, immobile, son regard froid lourdement posé sur elle. Ses cheveux étaient mouillés, son corps était parsemé de gouttes de sueur et son visage portait un air distant, contrarié et en colère. Alors, les yeux de Maria fixèrent une seule petite goutte de sueur bien qu'il y en avait d'autres. Cette goutte glissa doucement sur le visage, venant ensuite sur son cou. Les petits yeux noisettes de Maria la suivirent quand soudain, dans une surprise incommensurable, la jeune fille découvrit le torse de son oncle, à moitié couvert par une chemise blanche trempée qui lui collait à la peau... Les yeux noisettes remontèrent brusquement sur son visage aux traits serrés... William n'avait pas bougé d'un poil contrairement à Maria qui, elle, avait failli tomber en arrière. Ses jambes tremblaient, aucuns ne sons sortaient de sa bouche, elle resta comme ça, béate. Ils restèrent ainsi longuement, dans un silence lourd. Après quelques longues minutes qui semblaient être des heures, les lèvres de William se mirent à lentement bouger. Dans un silence de mort, cette phrase résonna dans la tête de Maria...
«Je t'avais interdit de venir ici mais tu as ignorais mes règles, tu sais maintenant pourquoi je t'interdisais cet accès et tu viens de m'humilier, c'est ça que tu cherchais ? Es-tu heureuse à présent !?»
La résonance de cette phrase, la colère de William, son allure terrifiante, ses évènements si déconcertants... Maria n'a pas pu tenir plus longtemps. L'accumulation de toutes ces choses a était un obstacle trop grand pour la pauvre jeune fille qui, dans un dernier souffle, s'effondra sur le planché...

William se calma peu à peu. Il avait un peu de remords cependant, il gardait en tête qu'il avait prévenu Maria de ne pas venir dans sa partie privée du château, il lui avait même formellement interdit... Après s'être calmé, il prit la demoiselle dans ses bras, soupirant de honte. Pourquoi a-t-il fallu qu'elle vienne au château ? William se disait qu'il aurait dû refusé la jeune fille, mais il n'a pas pu le faire, la pauvre venait de perdre sa mère et n'avait nul part où aller. Après tout, elle faisait partie de sa famille, sa mère étant une lointaine cousine à lui, il ne pouvait pas la laisser comme ça. Et puis, avec le temps, il avait fini par s'attacher à elle, la considérant peu à peu comme la fille qu'il n'avait jamais eu avec Amelys... Aaaaah Amelys... Maria lui ressemble tellement. Mais elle est beaucoup plus jeune et de plus, il y a des différences majeurs. Elle n'a pas ses yeux, ni ses cheveux, ni son rire et pas le même humour, mais elle à le même sourire et le même caractère... Les cheveux et les yeux se rapprochent plus de ceux de William, c'est surement le lien de parenté. C'est pour ça que beaucoup de gens pense que Maria se trouve être la fille cachée de William. Enfin, revenons-en à nos moutons... William venait de ramasser la jeune fille, il la portait dans ses bras. Il se mit à réfléchir à l'endroit où se trouve sa chambre quand brusquement, il sent une grande fatigue dans ses membres. La crise de colère qu'il venait de faire précédemment l'avait touché, ses muscles s'étant crispés étaient maintenant fatigués. Il décide alors de déposer Maria sur son lit, la bordant avant de la laisser tranquille en se reculant dans le fond de sa chambre, près de son piano...

Château de Moonacre, Angleterre, Début de Matinée.
Le soleil se lève doucement sur le Duché de Moonacre, ses rayons traverse la fenêtre de la chambre de Sir Merryweather... Ils viennent lentement caresser le visage de Maria qui se réveille tout doucement. William lui, n'a pas dormi, comme d'habitude, non, lui, il écrit une lettre sur son bureau. Tout en délicatesse, Maria se remémore les événements de la veille quand soudain, William se lève, ayant terminé sa lettre. Alors la demoiselle ferme les yeux, faisant semblant de dormir. William s'approche donc doucement du lit, pour ne pas la réveiller. Il se penche sur elle pour voir si elle va bien et si tout est normal. Il soupira avant de s'asseoir sur le rebord du lit, tourné vers l'intérieur. Il vint alors caresser ses cheveux tout en s'excusant longuement. Et oui, il profite de son "sommeil", c'est qu'il est orgueilleux le Duc, il ne pourrait pas s'excuser si elle était éveiller. Malheureusement pour lui, elle est belle et bien sortie de son sommeil et elle entend tout ce qu'il dit...
En terminant ses excuses, il se penche un petit peu plus sur elle, venant alors déposer un très court baiser sur son front avec beaucoup d'hésitation. C'est ainsi qu'il lui fait ses adieux avant son long voyage pour Londres...

Whitehall Palace, Angleterre, Début d'Après Midi.
Après un voyage de quelques jours, William arrive enfin à Whitehall Palace, là où il vivra ses prochains mois avec la cour du Roi d'Angleterre et le Roi lui-même, Henri VIII. Il a ses propres appartements privés pour être tranquille, ainsi il peut s'abandonner à ses crises de colère sans se soucier de bruit, mais il fait tout de même attention. Voilà quelques jours qu'il est installé et il a un peu de mal à s'habituer au monde, lui qui était toujours enfermé dans son château. Il correspond par lettre avec Maria, respectant la promesse de lui répondre à chacune de ses lettres. Après s'être adapté à ce nouveau monde totalement différent du sien, William peut reprendre ses affaires avec son commerce, mais aussi ses enquêtes sur la mort de ses parents et sur celle de sa défunte aimée, Amelys. Oui, ça fait maintenant plusieurs années que ces assassinats ont eu lieu mais William ne peut plus dormir tellement les questions sur ces meurtres sont grandes et restent sans réponses.
C'est quelques semaines plus tard, en début d'après midi, que William reçoit une lettre un peu déconcertante... Il la lit nerveusement dans ses appartements, puis, l'ayant fini, il la plis et la met brusquement dans sa poche. Pendant plus d'une heure il fait les cents pas dans sa chambre, essayant de se calmer... C'est alors qu'une idée lui vient, en début d'après midi, il y a peu de personne qui se baladent dans les couloirs, pourquoi ne pas marcher un peu pour se d'étendre ? Non, il n'ira pas dans les jardins, ceux-ci étant quand même fréquentés bien que le peuple mange ou fait une sieste à cette heure-ci. Les couloirs semblent idéals pour une petite promenade...



Dernière édition par William B. Merryweather le Sam 14 Avr - 17:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une première rencontre de la gente féminine... [PV : Erika de Malmö]   Lun 9 Avr - 20:30

- Êtes-vous sûre que vous ne voulez pas une chaise à porteur madame, demanda la gouvernante tout en tendant à Erika une cape assez légère.

- Je ferais le trajet à pied, merci Diane, lui répondit Erika en passant la porte d'entrée.

La jeune femme s'empressa donc de prendre la route de Whitehall Palace. Elle marcha à une allure assez vive dans les rues sinueuses et bruyante de ce Londres qui semblait reprendre vie après un long hiver. Le trajet fut ponctué par des cris d'enfants qui jouaient dehors, des marchands en tous genres tentant d'attirer l'attention des passants, le bruit des chevaux hennissant sous les coups de fouet des cochers de quelques nobles carrosses qui tentaient de se frayer un chemin dans la foule, et de bien d'autres choses qui donnaient à la ville tout son dynamisme, aussi infernal soit-il. Étrange devez-vous penser. Pourquoi cette femme qui haïssait tant le bruit et la bousculade se promenait-elle seule dans les rues de la capitale Anglaise ? Tout d'abord car il était encore plus désagréable de se retrouver coincée dans une chaise à porteurs au milieu de cette foule dans laquelle il était beaucoup plus aisé de se faufiler à pied. Et puis le trajet entre son agréable demeure situé dans une ruelle calme de la ville et le palais royal était assez rapide pour qu'on puisse le faire en marchant sans ressentir de gros signes de fatigue.
Si elle faisait ces allers-retours sans rechigner, elle n'y était pas pour autant encore bien habituée elle qui toujours avait vécu ou dans la réconfortante solitude de son manoir du Somerset, ou dans le calme de sa belle Suède. Mais elle finirait bien par s'habituer à cette agitation toujours omniprésente, même si jamais elle ne pourrait vraiment l'apprécier.

Après une bonne vingtaine de minutes, elle arriva devant les grilles du palais. Dès qu'elle posa le pied dans l'enceinte de la cour, son visage se referma encore un peu plus. A chaque fois qu'elle entrait ici, elle ressentait un étrange mélange de sentiments. Entre adoration de cet endroit où se rencontraient penseurs et gens de lettres, et haine pour tous ces courtisans tous plus sots les uns que les autres et pour qui elle ne ressentait que de l'antipathie. C'est pourquoi, au final elle ne regrettait absolument pas d'avoir posé ses valises à l'écart de cet antre de requins et de ne faire que quelques apparitions lorsque l'envie ou le besoin se faisait sentir. Mais si elle n'était là qu’occasionnellement, cela n'empêchait pas les bruits d'aller bon train à son sujet. La dame des glaces la surnommait-on parfois... Sans doute en rapport à ses origines nordiques, à ce masque froid qu'elle revêtait à longueur de temps et à ses petites remarques cinglantes qui sortaient de sa jolie bouche sans que même elle ne s'en rende compte. Mais on pourrait lui donner autant de surnoms qu'on voulait, elle s'en moquerait toujours autant. Tous ces idiots n'avaient que trop peu d'importance à ses yeux pour qu'elle leur fasse l'honneur de changer son attitude. Car avec les épreuves que le temps lui avait imposées, elle avait appris à faire abstraction de l'image qu'elle pouvait bien renvoyer.
Il y a près d'une décennie, elle aurait été bien différente au sein de cette cour. Ce n'est pas une jeune femme pleine d'amertume qu'on aurait découvert mais une épouse et mère aimante, se pliant sans broncher à la bienséance. Mais sa vie avait pris un tournant bien différent de ce qu'elle avait pu imaginer et elle avait fait avec, même si aujourd'hui elle regrettait quelque peu ses actes passés.

Elle avait aujourd'hui prévu de passer son après-midi à la bibliothèque. Cette sortie lui permettrait à la fois de sortir un peu la tête de chez elle, tout en ingurgitant un peu de savoir. Avec un peu de chance, elle croiserait peut-être même Anne ou Juliette avec qui elle pourrait partager une agréable conversation et quand bien même ce ne serait pas le cas, les livres de Whitehall lui tiendraient bonne compagnie. En tout cas bien meilleur que celle des courtisans qui était sans doute tous dehors à profiter du soleil printanier naissant. Cette pensée lui rappela qu'un de ces jours, peut-être devrait elle aller prendre un peu l'air pour donner un peu de couleur à son teint pâle... Elle envisagerait une petite balade à cheval en dehors de la ville dans la semaine.

Elle déambulait rapidement dans les couloirs, sans adresser la parole aux quelques personnes, se dirigeant vers les extérieurs, qu'elle croisa. Si elle ne connaissait excellemment bien touts les dédales sinueux du palais, elle aurait pu faire le chemin vers son endroit favoris les yeux fermés. Alors qu'elle s'apprêtait à tourner en direction d'un long patio ouvert sur l'extérieur sans regarder devant elle, la jeune femme rentra littéralement dans quelqu'un sans l'avoir vu venir.
Perdant l'équilibre, Erika s'étala grossièrement par terre avant d'avoir eu le temps de se rattraper à quoique se soit. Une fois qu'elle eut retrouvé ses esprits après quelques secondes, elle se mit à pester contre celui qui devait être le seul du palais à ne pas être dehors.
La comtesse leva alors les yeux et découvrit le visage sombre d'un homme qu'elle n'avait jamais vu ici, mais cela ne l'empêcha pas de lui lancer un regard glacial avant de se relever sans son aide.

- Ne devriez vous pas apprécier la sortie quotidienne que vous tous ici semblez considérer comme sacrée, lui lança-t-elle avec une pointe de mépris dans la voix tout en s'apprêtant à reprendre sa route.
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William B. Merryweather
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MessageSujet: Re: Une première rencontre de la gente féminine... [PV : Erika de Malmö]   Sam 14 Avr - 17:22


Une bousculade peu commode...

Erika de Malmö & William B. Merryweather

Couloirs de Whitehall Palace, Angleterre, Début d'Après-Midi.
Une porte grinça avant de se refermer lourdement. Puis on entendit des bruits de pas pesants sur le carrelage des couloirs du château. Cette marche était assez claquante et déambulait toujours sur le même rythme. William se "baladait" en quelque sorte, mais il ne profitait de rien, son esprit étant beaucoup trop préoccupé par diverses choses. Il marchait à une allure assez rapide, le peu de personne qu'il croisait se retournaient derrière lui et disaient des choses tout bas peu aimable sur lui. Mais William s'en fiche, de toute évidence, il ne fait plus attention au regard des autres depuis bien longtemps. De toute façon, à quoi ça lui servirait d'être bien vu des autres si ce n'est qu'une façade ? Il pourrait s'efforçait de sourire et de dire bonjour à tout bout de champ, mais ce serait pire car on verrait tout de suite que cette démarche est fausse et hypocrite. C'est pour ça que William ne fait rien pour arranger son cas, à quoi bon faire plaisir aux autres pour rien ? Enfin, Il continuait de marcher rapidement et tout hasard à travers les couloirs du château. Pourquoi les couloirs et pas les jardins ? Parce-que William a horreur de la foule et du soleil, c'est pour ça que sa peau est si pâle, il ne va jamais au soleil, ça lui fait mal. Bizarre non ? Pas tant que ça en faite, le pauvre homme dort si peu que ses yeux ne supportent vraiment plus la lumière trop forte. Et puis la foule lui donne envie de vomir, tout ce monde, tout ce bruit, très peu pour lui. Il préfère entendre le bruit sourd de ses pas résonner dans les hauts plafonds des couloirs plutôt que l'agitation de la foule dehors. Il est comme ça, personne ne peut le changer, depuis petit déjà il n'aimait pas ça, alors encore moins aujourd'hui.

Voilà maintenant plus d'un quart-d'heure que William marche à travers le château sans vraiment savoir où il va, peu importe si il se perd, tant qu'il réussi à calmer le flot infini de ses pensées, bonnes ou mauvaises... Il finit donc par penser à ses doux souvenirs du passé, sa tendre enfance, ses parents, ses amis... Puis il vient à son frère, Sullivan... Alors, son visage s'assombrit rapidement, ses traits se froncent, son regard devient presque terrifiant. Les deux ou trois personnes qu'il croisent font un pas de côté et accélèrent leur marche pour l'éviter le plus vite possible, totalement déboussolés par cette imposante silhouette menaçante. Il voulait se calmer et le voilà maintenant bien plus énervé qu'auparavant. Sa marche se fait encore plus claquante et rapide, il s'est maintenant perdu dans Whitehall Palace, ne savant même plus dans quelle partie il se trouve. Tout les couloirs du château se ressemblent, quand on vient d’emménager on a toujours du mal à se repérer, surtout quand on ne fait pas attention où marche. Et c'est cette inattention qui provoqua la première rencontre de William... Au détour d'un patio idem à un autre, le sombre jeune homme percuta de plein fouet quelqu'un. Il fut un peu sonné sur le coup, mais n'avait fait qu'un bref pas de recule contrairement à l'autre personne qui, elle, venait littéralement de s'étaler au sol. William ouvrit lentement les yeux, s’apprêtant à dire une terrible phrase remplie de reproches. Mais, sans même avoir eu le temps de dire quoi que ce soit, la personne au sol se releva et répliqua la première.

«Ne devriez vous pas apprécier la sortie quotidienne que vous tous ici semblez considérer comme sacrée !?»

William avait maintenant totalement ouvert les yeux, un peu abasourdit par ce qu'il voyait devant lui mais sans rien laisser paraître sur son visage. C'était une femme qu'il venait de violemment bousculer, et une belle femme en plus de ça. Cependant il y avait en elle quelque chose qui ternissait cette beauté, un je ne sais quoi de tragique qui se reflétait sur son visage et ses manières. William pouvait voir ça, étant lui aussi dans ce cas là. Sa beauté perdue dans sa mine sombre était loin maintenant, et ça semblait être aussi le cas pour cette jeune femme. Elle avait de longs cheveux roux, la peau pâle mais des yeux sombre couplés par un regard glacial qu'elle lui jeté en lui parlant.
Elle venait de lui lancer cette phrase en pleine figure d'une manière peu distinguée, enfin, William s'apprêtait à faire exactement la même chose de toute façon. La jeune femme se releva seule, sans demander de l'aide, le regardant toujours avec cette air froid et distant, cet air là, William le connait bien... Il répliqua alors, de marbre face à elle, lui rendant tout naturellement son air froid mais en ajoutant une pointe de colère qui le rendait alors un peu plus sombre.

«Vous... Tous...?»
Il la suit des yeux avec un regard insistant.

«Vous tous, vous dîtes ? Je suis dans le regret de vous annoncer que je ne suis pas l'un de ces pendards, qui vont tout naturellement faire les hypocrites auprès de la famille royale dans les jardins, durant l'après midi. Ni l'un de ces feignants qui vont dormir au soleil pour ensuite se réveiller la figure rougie par cet astre... Je ne fais pas de sorties quotidiennes comme vous semblez si bien le croire... Avant de rejeter la faute en hurlant sur le premier qui vient vous bousculer par simple hasard, remettez-vous en question, n'êtes-vous pas fautive dans l'histoire ? Je tiens à vous dire que je le suis moi aussi, nous le sommes tout les deux ! Alors surveillez vos paroles mademoiselle...»
Dit-il sèchement, énervé par le fait que la demoiselle allait partir sans même demander son reste.



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MessageSujet: Re: Une première rencontre de la gente féminine... [PV : Erika de Malmö]   Mar 17 Avr - 19:09

Après avoir prononcé ces mots et avoir épousseté sa robe, elle s'attarda quelques secondes sur le visage de cet homme qui lui était inconnu avant de vouloir se remettre en route. Il lui sembla dans un premier temps quelque peu absent, comme si cette bousculade ne l'avait qu'à moitié tiré de ses rêveries ou autres sujets qui occupaient son esprit. Mais juste après que la jeune femme ait fait cette remarque peu délicate dont elle avait le secret, ses traits se durcir et son regard se fut encore plus noir qu'il ne l'était déjà.

- Vous tous, vous dîtes, commença-t-il à s'indigner avant qu'elle n'ai eu le temps de partir ? Je suis dans le regret de vous annoncer que je ne suis pas l'un de ces pendards, qui vont tout naturellement faire les hypocrites auprès de la famille royale dans les jardins, durant l'après midi. Ni l'un de ces feignants qui vont dormir au soleil pour ensuite se réveiller la figure rougie par cet astre... Je ne fais pas de sorties quotidiennes comme vous semblez si bien le croire... Avant de rejeter la faute en hurlant sur le premier qui vient vous bousculer par simple hasard, remettez-vous en question, n'êtes-vous pas fautive dans l'histoire ? Je tiens à vous dire que je le suis moi aussi, nous le sommes tout les deux ! Alors surveillez vos paroles mademoiselle...

Cette remarque eut l'effet d'une gifle pour Erika. Ce n'était pas tant le contenu qui la surpris, quoi qu'il contrastait fortement avec les discours habituels qu'on pouvait entendre par ici, mais plutôt le ton employé. Jamais personne ne lui avait parlé de cette façon. Avec une voix si cassante et assurée. Mais bien loin d'être désemparée, elle était plutôt intriguée par cet homme qui semblait unique en son genre. Elle prit donc le temps de le regarder une seconde fois, le détaillant de la tête aux pieds. Elle avait désormais la certitude de ne l'avoir jamais croisé auparavent, ne serait-ce qu'en coup de vent à la cour, car elle se serait sans aucun doute rappelée de ce visage impassible et de cette allure altière et fière.
Un léger sourire plein de sarcasme se dessina sur ses lèvres. Elle n'allait tout de même pas rester plantée là sans riposter ne serait que par simple plaisir.

- Veuillez m'excuser monsieur, il est vrai que la bienséance voudrait que je me fende en excuses et en révérences devant vous, répliqua-t-elle, sourire narquois aux lèvres, en tombant dans une révérence volontairement exagérée. Mais voyez-vous, il semble qu'à votre image, je sois quelque peu en marge de la cour et n'apprécie que peu de me contraindre à ses usages grotesques...continua-t-elle en le regardant droit dans les yeux. N'étant pas de mauvaise foi, je vous accorde cependant que ma réponse à cette bousculade impromptue fut peu délicate, concéda-t-elle finalement sans baisser le regard. Hélas, en ce qui s'agit du comportement, vous feriez au moins aussi bien que moi de surveiller le votre, car les excès de colère ne vous vont pas mieux qu'elles ne vont aux femmes, finit-elle en passant d'un ton presque chaleureux à une attitude glaciale.

Erika éprouvait à cet instant un étrange mélange de sentiments. Elle était d'un côté agréablement surprise d'être tombée sur ce bel homme qui semblait avoir le goût de la répartie, mais également quelque peu irritée pour cette même raison. Et puis, au lieu de s'enfuir en courant vers la bibliothèque comme elle avait prévu de le faire depuis le début, elle eut une attitude qui l'étonna elle-même.

- Je suis Erika de Malmö par ailleurs. Vous saurez qui blâmer maintenant, dit-elle en haussant les épaules.

Après réflexion, elle ne savait absolument pas pourquoi elle s'était présentée à lui. Elle ne l'aurait jamais fait en temps normal, mais cet inconnu lui semblait de meilleure compagnie que n'importe lequel des courtisans de Londres. Étrange me direz-vous. Mais voilà, étant elle même totalement étrangère à cette cour et incapable de comprendre sa mentalité même si elle la côtoyait depuis un moment déjà, elle n'avait fait que développer encore un peu plus sa propre conception de l'agréable. Et c'était pour elle tout sauf une discussion plate et ennuyeuse tournant autour de banalité tel que le temps qu'il faisait ou le nouveau couturier en vogue chez les dames. Elle aimait le vif et le piquant mêlés à la délicatesse des mots. Il fallait user de la parole comme on userait d'un instrument d'un musique. Maîtriser à la fois ses partitions tout en étant capable d'improvisation. Avoir le doigté nécessaire pour le faire sonner juste. Pouvoir faire interpréter un silence comme on le ferait avec un crescendo. Savoir faire preuve de retenue dans son attitude pour laisser au son le soin de s'exprimer et de transpercer l'auditeur. Et plus important encore : laisser les autres jouer lorsqu'on n'était capable de rien sinon que de produire des fausses notes. En bref, cet homme semblait être un musicien digne d'intérêt.
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William B. Merryweather
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MessageSujet: Re: Une première rencontre de la gente féminine... [PV : Erika de Malmö]   Lun 30 Avr - 21:52


Une rencontre pas si désagréable qu'il n'y paraît...

Erika de Malmö & William B. Merryweather

Couloirs de Whitehall Palace, Angleterre, Début d'Après-Midi.
William se tenait là, devant elle, aussi immobile qu'un rocher. Il venait de se laisser aller à un monologue plutôt particulier adressé à une demoiselle de la cour. Il doit surement être le seul homme capable de parler ainsi à quelqu'un, à une dame de surcroît. Dans tous les cas de figure, William n'a jamais eu de grandes manières avec son entourage, c'est à peine si il dit bonjour avec une révérence. Enfin, les personnes ne cherchent pas vraiment à en obtenir plus de lui, son allure étant trop peu encline à faire connaissance. Cependant, cette jeune femme semblait comme qui dirait plus curieuse que les autres. Elle fut bien entendue surprise par la remarque de l'homme mais, étrangement, après s'être remise de cette "gifle", celle-ci inspecta lourdement la carrure de William, le scrutant du regard de haut en bas avec beaucoup d’insistance. La demoiselle semblait songeuse, comme si elle cherchait ce visage très particulier dans ses souvenirs. Après quelques minutes de réflexion, elle finit par reprendre la parole, un sourire narquois et assuré aux lèvres, comme si cette rencontre lui faisait plaisir...

«Veuillez m'excuser monsieur, il est vrai que la bienséance voudrait que je me fende en excuses et en révérences devant vous.»
Dit-elle tout en faisant une révérence largement exagérée.

«Mais voyez-vous, il semble qu'à votre image, je sois quelque peu en marge de la cour et n'apprécie que peu de me contraindre à ses usages grotesques...»
Continua-t-elle, la tête haute et le regard soutenu à celle de son "adversaire".

«N'étant pas de mauvaise foi, je vous accorde cependant que ma réponse à cette bousculade impromptue fut peu délicate. Hélas, en ce qui s'agit du comportement, vous feriez au moins aussi bien que moi de surveiller le votre, car les excès de colère ne vous vont pas mieux qu'elles ne vont aux femmes.»
Conclue-t-elle, le regardant toujours droit dans les yeux et repassant de son attitude amusée à ses airs froids et distants.

Aussi étrange que cela puisse paraître, William venait de prendre en grand bol d'air frais. Jamais jusqu'à maintenant on avait osé lui tenir tête ainsi, jamais on avait osé tenir le regard avec lui. L'homme qui était réputé pour son visage aussi figé que le marbre changea doucement ses traits. Un sourire en coin bien voyant venait peu à peu se dessiner sur son visage. Il demeura cependant silencieux durant quelques instants, son sourire s'effaçant lentement. Non, il ne cherchait pas ses mots, loin de là, il savourait tout simplement le moment présent. Ils restèrent donc dans une sorte de silence, se fixant l'un l'autre sans vraiment avoir de soucis à le faire. Mais alors qu'il s’apprêtait à répondre, la demoiselle prit les devants, venant donc se présenter à lui, aussi bizarre que cela puisse paraître.

«Je suis Erika de Malmö par ailleurs. Vous saurez qui blâmer maintenant.»
Dit-elle, haussant vivement les épaules.

Tout en gardant le regard dans le sien, William finit par croiser les bras devant lui, observant à son tour la demoiselle qui se nommait donc Erika de Malmö. Il prit le temps de la détailler, voyant maintenant les petites choses qu'on ne voit pas du premier regard. Elle portait une robe simple, montrant qu'elle n'aimait pas se faire remarquer avec des attirails trop voyant et des bijoux pour primer sa fortune. Elle avait une allure droite et noble, elle était donc issue de la noblesse et avait reçu une bonne éducation, enfin, pour ça en tout cas. Quelque chose avait changer depuis la bousculade, un je ne sais quoi dans le regard. On pouvait voir dans ses yeux une espèce d'étincelle, comme si cette rencontre venait de rallumer un plaisir perdu depuis un certain temps. La demoiselle semblait presque heureuse d'être tombée sur William. Si c'est bel et bien le cas, alors la joie est partagée. Le plaisir de pouvoir avoir une réelle discussion intéressante venait de renaître dans l'âme du Duc, alors, après cette rapide présentation, il s'empressa de riposter.

«Voyez-vous ça... Alors, Mademoiselle de Malmö, si c'est ainsi que l'on vous nomme, vous n'avez pas besoin de faire une aussi belle révérence pour un piètre homme comme moi...»
Dit-il avec le même air narquois que la demoiselle portait il y a quelques instants.

«Cependant, je tiens à vous faire remarquer que les manières de coutumes, que vous semblez si peu encline à faire aux autres, sont de même pour moi. Je ne vois point l'intérêt d'user de la parole et des gestes pour les autres si ces usages sont faussement faits et sans réelle envie de converser. Je ne me plie pas aux exigences imposés aux nobles si je n'en ai guère l'envie.»
Lui avoua-t-il d'une aisance assurée et d'un air sûr de lui.

«Je dois dire que je suis fort touché de voir que vous avouez être aussi fautive que moi dans l'histoire...»
Continua-t-il, perdant peu à peu son sourire, replongeant alors dans sa noirceur de coutume.

«Pour ce qui est de mon comportement, je ne prends plus le temps de le surveiller, mon cas est déjà perdu depuis bien trop longtemps... Mes excès de colère, comme vous dîtes, ne me vont peut être pas si bien que je ne puisse le croire, cependant, ils m'accompagnent depuis toujours. Et je me risque à vous dire qu'ils ne sont pas prêts de partir, autant que la froideur de mes traits qui font de moi ce que je suis. C'est à dire l'homme que l'on pourrait croire arrogant, cruel, sans cœur et qui se tient maintenant devant vous...»
Termina-t-il, stagnant maintenant sur une mine froide et sombre, presque tragique.

Il s'arrêta quelques instants, le temps de prendre une pause et de faire le point sur ce qu'il venait de dire. Il ne regrettait rien, il pensait juste en avoir dit un peu trop. Mais il ne regrettait rien, absolument rien, il n'avait dit que la stricte vérité, à quoi bon mentir de toute façon, cela se verrait tout de suite sur lui. Maintenant, il avait peur, peur des questions que la demoiselle risquait de lui poser. Il fera sans doute comme à chaque fois qu'il se retrouve dans cette situation, il fuira la demoiselle, fuyant les questions, fuyant les réponses, fuyant la vérité, fuyant...les souvenirs. C'est bien dommage, pour une fois qu'il avait rencontré quelqu'un d'intéressant, quelqu'un avec qui il pourrait entretenir de bonnes discussions, il venait peut être de gâcher ça, enfin, personne n'est vraiment sûr de ce qui va se passer, ce ne sont que des suppositions de toute évidence. William n'avait pas vraiment bougé, il avait simplement remis ses mains dans son dos, gardant néanmoins son regard plongé dans celui d'Erika. Alors, et seulement après cette longue période de doute, il finit par faire une belle révérence comme jamais il n'aurait penser en faire, gardant tout de même ses yeux dans les siens.

«William Benjamin Merryweather, sinistre Duc de Moonacre...»
Conclu-t-il avant de se redresser doucement.

Il resta immobile devant la demoiselle, perdant sa mine tragique pour en porter une plus neutre. Un silence s'installa, il n'en dit pas plus, il avait déjà tout dit avant... Souvenez-vous "Je ne me plie pas aux exigences imposés aux nobles si je n'en ai guère l'envie." Alors, ça ne vous dit rien ? Réfléchissez bien...



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Erika de Malmö

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MessageSujet: Re: Une première rencontre de la gente féminine... [PV : Erika de Malmö]   Dim 6 Mai - 11:40

-Voyez-vous ça... Alors, Mademoiselle de Malmö, si c'est ainsi que l'on vous nomme, vous n'avez pas besoin de faire une aussi belle révérence pour un piètre homme comme moi...

Bien sûr qu’elle n’en avait pas besoin et tout aussi bien qu’elle, il savait qu’elle n’avait fait le geste que pour ajouter du ridicule à ses dires. Déjà qu’en faire une au roi lui-même lui était désagréable, alors à un parfait inconnu, n’abusons pas. Un geste de tête délicat et sincère valait pour elle beaucoup mieux qu’une trop longue et trop profonde révérence qui en réalité ne témoignait à ses yeux que d’une soumission à ce carcan qu’étaient les usages de cour. C’est pourquoi dès qu’elle n’était pas en public, elle oubliait bien vite ceux-là et reprenait une attitude beaucoup plus naturelle.

- Sachez l’apprécier car ce n’est pas tout les jours que vous me verrez me targuer d’un tel effort !

- Cependant, je tiens à vous faire remarquer que les manières de coutumes, que vous semblez si peu encline à faire aux autres, sont de même pour moi. Je ne vois point l'intérêt d'user de la parole et des gestes pour les autres si ces usages sont faussement faits et sans réelle envie de converser. Je ne me plie pas aux exigences imposés aux nobles si je n'en ai guère l'envie.

- Nous voilà un point commun, répondit-elle du tac au tac en haussant les sourcils avec un air désavoué.

- Je dois dire que je suis fort touché de voir que vous avouez être aussi fautive que moi dans l'histoire... Pour ce qui est de mon comportement, je ne prends plus le temps de le surveiller, mon cas est déjà perdu depuis bien trop longtemps... Mes excès de colère, comme vous dîtes, ne me vont peut être pas si bien que je ne puisse le croire, cependant, ils m'accompagnent depuis toujours. Et je me risque à vous dire qu'ils ne sont pas prêts de partir, autant que la froideur de mes traits qui font de moi ce que je suis. C'est à dire l'homme que l'on pourrait croire arrogant, cruel, sans cœur et qui se tient maintenant devant vous...

Erika se moquait bien de ce qu’on pouvait dire d’une personne, de ce que les rumeurs pouvaient véhiculer, car bien souvent, les bruits de cour étaient l’exact opposé de qu’était la réalité. Les femmes qu’on disait les plus pures étaient la plupart du temps celles qui trompaient leur mari à tous vent, et celle qu’on disait être les pires des garces était souvent victime d’une réputation qui hélas pour elle était loin de la vérité.

- Laissez-moi vous dire votre chance : Je dois être une des seules personnes de cette cour qui préfère la colère et la froideur au manque de tact et à la complaisance dans un état de perpétuel manque de savoir. Et croyez que ces traits que vous me décrivez ne me sont pas inconnus. Mais d’ailleurs, vous ne vous êtes présenté mon cher, ajouta-t-elle en plonjeant son regard dans le sien avec une petite lueur dans ses yeux. Aussi mystérieux qu’il soit, ce qui n’était pas pour lui déplaire, bien au contraire, elle aurait tout de même voulu connaître l’identité de son interlocuteur.

- William Benjamin Merryweather, sinistre Duc de Moonacre...

- Enchantée, répondit-elle avec un léger mouvement de tête. Puisque les présentations sont maintenant faites, puis-je vous proposer de faire quelques pas en ma compagnie ? Ces couloirs sont parfois d’un triste lorsqu’on s’y promène seule.
Cette proposition la surpris elle-même, jamais elle n’avait demandé à personne de l’accompagner quelques part, préférant largement la solitude à la présence pompeuse d’un homme à ses côtés. Mais ce duc de Moonacre, alors que pourtant elle ne le connaissait que depuis quelques minutes maintenant, semblait être différent. Étonnamment, Erika se sentait bien depuis que cette conversation, aussi mal avait-elle commencé, avait été entamée. Pouvoir parler et qu’on lui réponde du tac au tac avec des mots convenant parfaitement à la situation, il ne lui avait pas été donné d’apprécier un tel instant depuis… longtemps disons. Et contrairement à ce qu’il semblait penser de lui-même, il était exactement le genre de personne avec qui il était agréable de passer du temps à parler d’autre chose que de la pluie et du beau temps ou de la dernière fête qui avait été organisée par sa majesté.
Pendant un instant, elle hésita à lui demander pourquoi donc considérait-il que son cas était « perdu » comme il venait de le dire. Mais elle se ravisa, sachant pertinemment que ces passages de notre vie n’étaient pas ceux avec qui nous étions le plus à l’aise et dont nous aimions parler, surtout à d’illustres inconnus. Erika en savait quelque chose, lui demandez-lui un détail de son passé et elle risquerait de se braquer et, si elle ne vous envoie pas balader, vous répondrait par une réponse très vague laissant place à pleins de possibilités.
Ils commencèrent donc à faire quelques pas, d’abord en un silence un peu lourd mais qu’Erika connaissait bien et qui ne la touchait plus vraiment. Mais elle finit tout de même par reprendre la parole.

- Depuis quand êtes vous à Londres ? Il me semble ne jamais vous avoir croisé… Enfin, je dois avouer que je ne traîne pas tous les jours dans le palais.

Erika n’était en effet pas femme à passer ses journées entières à se pavaner devant le roi à espérer un peu de reconnaissance ou du moins d’attention. Elle préférait le calme de sa demeure londonienne et ne faisait acte de présence à la cour que lorsqu’elle avait besoin de s’y rendre. Aujourd’hui d’ailleurs, elle avait ressenti un besoin de distraction et c’est donc en toute logique qu’elle s’était mise en tête de passer l’après midi à la bibliothèque. Mais entre temps elle avait trouvé une compagnie au moins aussi intéressante et même plus que celle des livres. Quand on passait ses journées dans le silence à se plaindre de l’incapacité de bon nombre à tenir une conversation correcte, il fallait savoir apprécier la compagnie de celui qui savait manier les mots et qui pourtant n’en usait pas de trop. Si renfermée sur elle-même en arrivant ici, un petit sourire de satisfaction se dessinait à présent sur ses lèvres et dans ses yeux était perceptible une légère lueur qui s’était faite rare ces derniers temps.

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MessageSujet: Re: Une première rencontre de la gente féminine... [PV : Erika de Malmö]   Sam 12 Mai - 18:18


Une Gêne Un Peu Spéciale... Discuter.

Erika de Malmö & William B. Merryweather

Couloirs de Whitehall Palace, Angleterre, Début d'Après-Midi.
William avait une fois de plus déblatéré un monologue qui fut certainement ennuyeux. C'est étrange car il n'est pas aussi bavard normalement. Il n'est vraiment pas du genre à entamer une discussion avec quelqu'un, au contraire, il ne fait qu'y mettre un terme au plus vite lorsqu'une personne daigne tenter d'engager une conversation. Cependant, le mélange de sensations qui s'exerçait sur William fit qu'il avait envie de répondre à cette demoiselle plus qu'à une autre. Ces jours-ci, il n'avait encore jamais rencontré quelqu'un ayant une aussi grande trempe que la Comtesse, même les hommes n'osaient pas trop l'approcher de peur d'être ridiculisés ou jetés comme de simple mouchoirs. Erika lui avait donc demandé d'apprécier sa révérence, elle n'en faisait pas souvent, alors William arqua un léger sourire. La Comtesse lui avoua aussi que le dégout pour les formules de politesses était entre eux un point commun ce que William apprécia sans l'ombre d'un doute.
William c'était maintenant installer dans sa froideur habituelle, son visage reprenant ses traits durs et presque tragique. Mais voilà que la demoiselle répondit au tac au tac, sans crainte ni jugement de lui, ce qui étonna fortement le Duc.

« Laissez-moi vous dire votre chance : Je dois être une des seules personnes de cette cour qui préfère la colère et la froideur au manque de tact et à la complaisance dans un état de perpétuel manque de savoir. Et croyez que ces traits que vous me décrivez ne me sont pas inconnus. Mais d’ailleurs, vous ne vous êtes présenté mon cher. »
Demanda-t-elle à William indirectement. Allez donc savoir pourquoi lui avait-elle demandé ça, allez donc encore savoir pourquoi le Duc lui répondit...

«William Benjamin Merryweather, sinistre Duc de Moonacre...»
Dit-il tout en faisant une courte mais belle révérence.

« Enchantée. »
Répondit-elle avec un léger mouvement de tête.

« Puisque les présentations sont maintenant faites, puis-je vous proposer de faire quelques pas en ma compagnie ? Ces couloirs sont parfois d’un triste lorsqu’on s’y promène seule. »

Jamais au grand jamais il n'avait autant apprécié une compagnie comme celle-ci, habitué à toujours pester contre les autres, haïssant l'espèce humaine autant que sa personne. C'est en s'étonnant lui même que le Duc fit un petit sourire avant d'accepter la proposition d'un lent mouvement de tête vers le bas. Ils entamèrent donc tous deux une marche assez lente. Ils firent quelques pas l'un avec l'autre, silencieux. La marche dura quelques temps, aucun d'eux ne savaient si c'était des secondes, des minutes ou même des heures, ils marchaient ainsi sans vraiment en être conscients. Grâce à la compagnie de la Comtesse, William pouvait penser à autre chose que ses problèmes constants, cependant un silence assez lourd s'était installé entre eux mais ça n'avait pas l'air de vraiment les déranger, il semblerait qu'ils soient habitués à ce genre d'ambiance... C'est alors que Erika brisa le silence, décidant finalement d'entamer la conversation. C'est bien la première fois que quelqu'un est aussi familier avec William depuis qu'il a débarqué à Londres, il faut dire que personne n'a vraiment osé l'approché jusque là.

« Depuis quand êtes vous à Londres ? Il me semble ne jamais vous avoir croisé… Enfin, je dois avouer que je ne traîne pas tous les jours dans le palais. »

William fut un peu dérouté par la question. Il allait répondre bien entendu, mais il réfléchissait à une chose qui est, à ses yeux, vraiment très importante pour lui. Discuter de sa venue revient à dire qu'elle va certainement lui demander pourquoi est-il là. Qu'allait-il faire à ce moment là ? Fuir comme il le fait d'habitude ? Il ne sait pas encore... Il avisera surement le moment venu, en espérant de toutes ses forces qu'elle n'en vienne pas à lui poser ce genre de question... Peut-être n'allait-elle pas en venir à ça, de toute évidence, elle semblait avoir elle aussi quelque chose à cacher. William avait gardé ses mains dans son dos, il regardait fixement dans le vide. On peut dire qu'il semblait un peu absent, c'est toujours comme ça quand il se met à penser à des choses sérieuses et il pense souvent à des choses sérieuses, en tout cas, il se dit qu'elles sont sérieuses. Puis, doucement, il redressa la tête, daignant enfin répondre après un petit silence.

« Je suis ici depuis seulement quelques jours et je dois dire que mon Duché perdu en forêt me manque un peu... Vous savez, même si vous seriez venu plus souvent, vous ne m'auriez point vu, c'est la deuxième fois que je viens ici... »

Dit-il avec un visage neutre. Il n'avait pas l'habitude de converser avec quelqu'un alors il ne lui posa pas de question directement. On peut dire que le pauvre homme était un peu rouillé à ce niveau là, il se remet à pensait, que devait-il ajouter pour continuer la discussion ? Une question certes, mais laquelle ? "Pourquoi êtes-vous ici" serait trop banale et surement indiscret ou dérangeant car la dame allait certainement lui retourner la question, il voudrait trouver mieux... Il se remit donc à penser à leur rencontre, cette fameuse bousculade assez particulière... Qu'avait cette demoiselle pour courir aussi vite sans regarder devant elle ? Peut être n'avait-elle pas de raison spéciale, cependant William fut pour une fois un peu curieux de savoir quelque chose. Il n'est pas dans son habitude de poser des questions pour entretenir une conversation, mais dans le cas présent ça semblait nécessaire.

« Et, Hum... Pourquoi donc étiez-vous si pressée il y a quelques minutes ? Aviez-vous une affaire quelconque à régler ? »

Demanda-t-il fort gêné par la situation. N'importe qui aurait pu voir que William n'avait pas réellement discuté à quelqu'un d'autre que soit-même depuis déjà quelques temps. Cela se voyait comme le nez en plein milieu de la figure. Même avec sa tendre nièce il ne parle pas ainsi, c'est plutôt la demoiselle qui pose plusieurs questions au Duc qui lui se plait à répondre très vaguement pour la laisser dans l'incompréhension totale, cela pouvait vite tourner à une scène de ménage. Il s'amusait de ces moments qu'il trouvait drôle, c'était le seul moyen pour lui de se reposer, de se changer les idées lorsqu'il était encore dans son Duché. Il faut dire que Maria est à elle seule une source de curiosité et d'amusement telle qu'il est difficile de ne pas la remarquer, cependant, on l'aime ou on la déteste, il n'y a pas de juste milieu. Alors maintenant, il va falloir qu'il se trouve une autre occupation, une distraction pour arrêter de penser à ses affaires trop préoccupantes pour lui. Il n'aurait jamais cru trouver du réconfort au près de quelqu'un, encore moins d'éprouver ce réconfort en parlant à cette personne qui, qui plus est, est une femme.



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MessageSujet: Re: Une première rencontre de la gente féminine... [PV : Erika de Malmö]   Ven 18 Mai - 18:53

Pour tout observateur extérieur, la vision de ces deux personnes assez atypiques devait être assez amusante, déroutante du moins. Alors qu'à la cour, on avait l'habitude d'avancer bras dessus bras dessous, de papoter sans pouvoir s'arrêter, William et Erika avançaient assez doucement sans se regarder, lui les mains dans son dos et elle les bras croisés sur sa poitrine. Il fallait dire que ni l'un ni l'autre n'était un grand habitué de cette... chose. La conversation. Car c'est elle qui avait proposé cette singulière promenade, elle avait finit par engager la conversation par une question qui se voulait banale, de façon à ne pas entrer dans sa vie privée ce qui aurait été sans doute gênant tant pour lui que pour elle. Le duc s'accorda un temps de réflexion avant de lui répondre d'une voix neutre et sans expression particulière sur le visage. Quand il prit la parole, Erika leva les yeux du sol pour le regarder de ses grands yeux verts d'un air un peu intrigué, sans pour autant que son regard soit lourd ou se veuille dérangeant.

- Je suis ici depuis seulement quelques jours et je dois dire que mon Duché perdu en forêt me manque un peu... Vous savez, même si vous seriez venu plus souvent, vous ne m'auriez point vu, c'est la deuxième fois que je viens ici... 

A l'entente de ses mots, Erika se dit qu'il ressentait sûrement quelque chose de semblable à ce qu'elle avait connu lorsqu'elle était arrivée à Londres après des années de solitude quasi monastique. De son côté, elle avait fini par s'adapter à cette vie pourtant si différente de ce qu'elle avait connu depuis cette dernière décennie, mais parfois encore, l'envie de revoir son joli manoir anglais au cœur de la campagne et sa Suède natale montait en elle.

- J'ai par moments moi aussi la nostalgie de mon comté enneigé, lui répondit-elle avec un sourire dû au souvenir qui se dessinait devant elle du bonheur qu'elle avait connu là-bas.

Mais ce temps-là était à présent révolu et la pensée du château de Malmö était toujours accompagnée d'une immense tristesse qu'elle préférait garder enfouie au fond d'elle de peur d'être trop faible pour pouvoir y faire face. Elle se demanda un instant si elle devait ou non demander à William la raison de sa venue à la cour mais se ravisa bien vite. Comme elle, il était quelqu'un qui n'aimait pas parler, alors évoquer son passé était sans doute aussi difficile pour lui qu'il ne l'était pour Erika. Et puis elle n'était pas très curieuse, respectant la vie privée et les secrets que chacun voulait garder contrairement à toutes ces marquises et autres baronnes qui ne voulaient qu'à longueur de temps nous faire déblatérer sur ce qu'on préférait conserver pour nous-même. Peut-être demanderait-elle plus tard. Elle n'en savait rien. A vrai dire, elle ne savait absolument pas quoi dire et se contenta donc de garder le silence en attendant que quelque chose d'intelligent ne lui vienne à l'esprit.
C'était très étrange. Sans savoir vraiment pourquoi elle marchait au côté de cet homme à l'allure sombre, sa présence lui était agréable. Apaisante même. Le silence qui s'installait ne la fit étonnamment pas se sentir mal à l'aise. Au contraire, elle avait la douce sensation de partager un moment reposant avec une personne qui, quoi qu'on en dise, était selon elle charmante. Comme cela faisait à présent de longues secondes durant lesquelles les seuls bruits qu'ils entendirent furent ceux de leur pas sur les dalles, le duc posa à son tour une question. Sans doute commençait-il à être embarrassé par cette drôle de situation. Décidément, Erika était vraiment maladroite et même sans parler arrivait à mettre les gens mal à l'aise.

- Et, Hum... Pourquoi donc étiez-vous si pressée il y a quelques minutes ? Aviez-vous une affaire quelconque à régler ?

Tiens... Pourquoi était-elle venu au palais aujourd'hui ? L'espace d'un instant elle avait oublié. Comme quoi, cela ne devait pas être si important puisqu'elle cette raison lui était complètement sortie de l'esprit entre le moment de cette bousculade fortuite et maintenant. Et puis, elle semblait toujours pressée lorsqu'elle venait à Withehall palace, prenant grand soin de ne surtout pas s'arrêter afin d'éviter tout contact qui pourrait mener à engager une discussion. Aujourd'hui pourtant, les choses avaient été étrangement différentes. D'un accrochage qui aurait pu tout simplement déclencher quelques méchantes paroles avant que les deux partis ne se séparent, s'était engagé une conversation, toute relative soit-elle, entre ses deux personnes qui si différentes des autres, se trouvaient assez semblables. Du moins pouvaient visiblement s'accorder sur plusieurs sujets, à commencer par leur vision de la cour et surtout de ses absurdités.
Finalement, la mémoire lui revint et elle put enfin lui répondre après avoir cherché un moment dans ses proches souvenirs ce qui l'emmenait par ici.

- J'étais en route pour la bibliothèque. A vrai dire je n'étais pas plus pressée qu'à l'habitude, j'essayais simplement de ne pas trop m'attarder dans les couloirs. Mais vous m'y avez finalement retenue et sauvé d'un ennui comme un chevalier de légende sauverait une dame. Elle porta immédiatement la main à ses lèvres à l'entente de ses propres mots qui étaient sorties de sa bouche sans qu'elle n'ait eu le temps de les visualiser dans son esprit. Pour quelle idiote elle devait passer à présent. Cette dernière remarque complètement stupide devait faire croire à William qu'elle était de ces gamines qui croyaient aux princes charmants alors qu'en réalité, elle les exécrait. Eh bien, aujourd'hui n'était visiblement pas le jour où sa répartie était des meilleures. Bien au contraire, elle semblait perdre tous ses moyens et était incapable de dire quelque chose de sensé face à cet homme qui aussi plaisant soit-il par son attitude posée, presque froide pourtant, la déconcertait totalement. Pardonnez moi, se reprit-elle en remettant en place ses cheveux d'un geste rapide et regardant par terre pour qu'il ne voit pas ses joues rougies par la gêne, à force de me taire à longueur de journée ou de ne dire que des méchancetés à quelques indiscrets, j'en deviens incapable de m'exprimer correctement.

Quelle maladroite elle était. N'aurait-elle pas simplement pu se taire, s'excuser auprès de William et repartir chez elle s'allonger sous la couette ? Il fallait vraiment qu'elle gâche toute relation qui pouvait se révéler saine et la sortirait un peu de son perpétuel état de froideur et de tristesse. Elle avait bien à la cour quelques personnes avec qui elle ne s'entendait pas trop mal, mais ces relations étaient aux yeux d'Erika assez étranges. Quand elle était aux côtés de ses rares « amis » elle parlait philosophie et politique, mais ne se sentait pas pour autant complètement à l'aise. Elle ne connaissait pas le duc et pourtant elle avait l'impression de n'être pas jugée. De pouvoir simplement avoir sa vision du monde, sa façon d'être sans que cela ne le dérange, ne le fasse partir en courant. C'était sans doute car ils semblaient tous les deux être des handicapés de la parole et pourquoi pas également des sentiments. En tout cas c'était le cas d'Erika.

- Hum... Sinon, vous... êtes venu seul à Londres, demanda-t-elle avec un léger sourire un peu gêné.

Ne sachant plus quoi dire, elle finit donc par poser cette question, encore une fois ridicule, mais qui était la seule qui lui passa par l'esprit. Et puis c'était une question assez vague et pas trop indiscrète selon elle, puisque son étrange interlocuteur n'aurait qu'à répondre par oui ou non au cas ou il n'aurait pas envie de s'étendre sur le sujet, ce qu'elle comprendrait parfaitement. En tout cas, cette promenade, aussi incongrue soit-elle, plaisait assez à la jeune femme qui, même si elle était terriblement maladroite, espérait la prolonger un peu.
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MessageSujet: Re: Une première rencontre de la gente féminine... [PV : Erika de Malmö]   Sam 2 Juin - 2:29


De Plus en Plus Étrange, et Pourtant si Agréable...

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Couloirs de Whitehall Palace, Angleterre, Début d'Après-Midi.
C'était une belle journée ensoleillée, les oiseaux chantaient, les abeilles bourdonnaient, les papillons batifolaient... Oui batifolaient, tout comme la totalité des beaux gens en sortie dans les jardins. Le batifolage, oui, ça sonne bien avec ce pas nonchalant qu'ont les hommes en suivant les femmes comme hypnotisés par leurs parfums. Les papillons aiment les fleurs, c'est bien connu. Mais alors, qu'elles sont ces deux entités qui semblent si décalées des autres ? Des feuilles mortes dansant lentement dans le vent ? Deux branches d'un tranquille ruisseau ? On ne les remarque pas vraiment, mais une fois vu, on s'y intéresse beaucoup, peut être même un peu trop. Ces deux êtres continus pourtant leur bout de chemin, ils sont si silencieux. C'est apaisant pour eux, très dérangeant pour les autres... Cependant, si on s'approche un peu, il est possible d'entendre quelque chose, oui, ils viennent bien d'engager une conversation, aussi tortueuse soit-elle.
William, après un long temps de réflexion, venait de répondre à la question de la belle demoiselle. Celle-ci sembla alors se plonger dans ses pensées, revêtant alors un magnifique sourire. Elle aussi devait avoir de beaux souvenirs d'été, dans une campagne ou près d'un lac, de joyeux souvenirs plus ou moins lointains qui étaient dorénavant éteints peut être à jamais... Sortant de sa rêverie, Erika affirma au Duc qu'elle aussi, elle avait son petit chez-soi et que celui-ci lui manquait par moment. Cette remarque était toujours accompagnée d'un sourire, cependant il s'envola bien trop vite...

Les deux jeunes gens continuaient de marcher, attendant sans doute que l'un ou l'autre pose une question ou fait une remarque sur le temps, l'architecture du château ou encore sur les vicieux qui se retournent sur eux en les dévisageant. On peut dire qu'ils ont attendu un certain temps avant de parler. Ni l'un ni l'autre ne sait vraiment depuis combien de temps ils sont là à se promener dans les grands couloirs du château. Ils n'ont tout simplement pas fait attention, appréciant tout bonnement la présence de l'autre, aussi apaisante soit-elle... William l'appréciait à sa juste valeur en tout cas. Il ne savait pas pourquoi, mais il ne ressentait pas le besoin de parler ou de faire de faux sourires avec la Comtesse, le simple fait de marcher avec elle lui procurait du plaisir. Pourquoi ? Qui peut vraiment le savoir ? Deux personnes qui se rencontrent par hasard et qui partagent la même vision des choses c'est assez rare, il ne faut pas prendre cette rencontre à la légère. Et puis, des personnes qui puissent résonner comme lui, William n'en trouve pas beaucoup, pour ne pas dire pas du tout.
Mais tout de même, vont-ils rester ainsi silencieux durant toute leur promenade ? Non, William n'était pas de cet avis, il voulait en apprendre un tout petit peu plus sur sa seule et nouvelle compagnie, au moins le stricte minimum, il ne voulait pas entrer dans les détails évidemment. C'est après avoir réfléchi à une question qu'il finit par la trouver, tout ça après avoir repensé à leur rencontre, comment dire... percutante ?

« Et, Hum... Pourquoi donc étiez-vous si pressée il y a quelques minutes ? Aviez-vous une affaire quelconque à régler ? »
Dit-il, vraiment très peu habitué à parler et encore moins à poser des questions.

La belle demoiselle à la chevelure de feu paraît alors un peu surprise. Elle avait l'air d'avoir oublié la raison de sa venu au château, William est-il si intéressant que ça ?

« J'étais en route pour la bibliothèque. A vrai dire je n'étais pas plus pressée qu'à l'habitude, j'essayais simplement de ne pas trop m'attarder dans les couloirs. Mais vous m'y avez finalement retenue et sauvé d'un ennui comme un chevalier de légende sauverait une dame. »

Mais soudain, la Comtesse sembla vouloir ravaler ses mots, posant ainsi sa main contre ses lèvres, paraissant très gênée par ce qu'elle venait de dire. Qu'avait-elle dit de si horrible ? Pas grand chose de méchant selon William. Mais c'est quand elle s'excusa que le Duc compris la raison de son désarroi. Ce n'était pas bien grave, peut être un peu idiot de sa part William l'avoue, mais sur l'instant, il se dit qu'il aurait surement était dans le même cas, et il y a de fortes chances pour qu'il y soit dans quelques minutes... Certes, William avait trouvé ça un peu bizarre de la part de la Comtesse, mais il se résigna bien vite voyant qu'elle semblait si déconcertée par ce qu'elle venait de dire. Mais... Était-elle déconcertée par cette phrase ou par quelque chose d'autre ? William ne le sait pas, lui. Discrètement, elle venait de remettre ses cheveux en place en cachant son visage. William voyait bien qu'elle cherchait à dissimuler son joli minois, mais pourquoi ? Tiens, serait-ce des rougeurs que l'on voit sur ses joues ? Est-ce de la honte ou bien de la gêne ? Allez dont savoir... Surement un mélange des deux mais on ne sait pas les dosages. William avait une petite envie de la rassurer mais une chose semblait l'en empêcher... L'orgueil ?

« Pardonnez-moi, à force de me taire à longueur de journée ou de ne dire que des méchancetés à quelques indiscrets, j'en deviens incapable de m'exprimer correctement. »

« Ce n'est pas bien grave Lady de Malmö, vous pensez bien que je puis tout à fait comprendre ce genre de chose, je me retrouverais surement dans ce cas-là dans quelques instants... »
Dit-il toujours d'un ton très neutre mais que se voulait pourtant rassurant.

La demoiselle ne répondit pas. S'en voulait-elle autant que ça ? William ne savait que dire, lui qui n'a jamais vraiment était doué pour ça... Erika est pour lui une exclusivité, c'est vrai il n'a jamais au grand jamais rencontré de jeune femme comme elle. Et pourtant, il en a rencontré des dames jusqu'à maintenant. Enfin, il est bien loin ce temps là, le temps de sa jeunesse adolescente où il se donnait le droit de sortir et de s'amuser à sa manière. Non, à cette époque il ne s'amusait pas à faire le bourreau des cœurs, et pourtant il les avait les atouts majeurs : Beau ; Grand ; Intelligent ; Mystérieux ; Un sourire magnifique difficile à décrocher et poète à ses heures perdues... Non, son grand jeu à lui, c'était tout autre chose. Le jeune homme se posait sur un banc, un livre à la main, et il observait. Il observait les gens, les différences, les couleurs, les humeurs, les pas, les arbres, les fleurs, les insectes, l'eau d'un calme lac, les feuilles qui virevoltent, etc... Oui, William s'amusait de ça à une époque, il en faisait des poèmes, des tableaux, des croquis... Il était un garçon assez particulier étant jeune... Certes il l'est toujours, mais sous une forme beaucoup moins attrayante il faut le dire.

William repensa à ces lointains souvenirs, il a bien fait parti de ceux qu'il nomme maintenant fainéants, pendards, hypocrites et autres insultes distinguées. Il en rit un peu intérieurement, ce qu'il pouvait être ridicule étant jeune. Il ne regrettait pas, il s'en voulait juste d'être devenu ce qu'il est, mais dans ce cas, il n'aurait pas rencontré Erika. Ou si, peut être, mais ça ce serait très mal terminé...
Parlons de Erika, William l'avait laissé ainsi sans rien dire, plongeant seul dans ses pensées. Dans quel état est-elle ? Se torture-t-elle encore l'esprit à cause de sa maladroite affirmation sur un prince et une dame à secourir ? William n'en savait rien, il ne lit pas dans les pensées, il espérait que non en tout cas. Il s'en voulait un peu de l'avoir laissé dans un silence, il ne savait pas si cela mettait mal à l'aise la Comtesse ou pas. Le pauvre homme a un peu de mal à décrypter les sentiments sur le visages des gens. Heureusement pour eux, Erika finit par enchaîner sur une autre toute aussi anodine que celle de William. Ils allaient peut être continuer ainsi longtemps, ou peut être allaient-ils dériver sur un sujet totalement inédit et très philosophique, personne ne sait vraiment, encore moins eux-même...

« Hum... Sinon, vous... êtes venu seul à Londres ? »

« Oui et non. Je suis venu seul de mon domaine laissant derrière moi ma nièce. Cependant, selon ses lettres, elle semble bien décidée à venir me voir ici... J'ai bien peur de recevoir sa visite bien trop tôt que je ne l'espérais, je dois bien l'admettre... Et vous Lady de Malmö, êtes-vous seule ? »

William sembla tout d'un coup plus bavard. Il fut dur à mettre en route, mais lorsque la machine marche tout va mieux ! Ce début de discussion maladroit et gêné a permis à William de se mettre dans l'idée qu'il ne fallait pas avoir peur de parler. Si il n'a jamais vraiment parlé à personne c'est parce-qu'il a toujours eu peur de dire quelque chose qu'il ne fallait pas, autant quelque chose de trop blessant que quelque chose qui le concerne. Il n'a jamais aimé en dire trop sur lui, ni ceux qui lui pose trop de questions d'ailleurs, à l'exception de sa nièce bien entendu. Il avait bien vu qu'il n'aurait pas ce problème avec Erika, elle aussi semblait vouloir garder ses choses à elle, ils étaient donc d'accord sur ce point. William pouvait donc parler en toute quiétude avec la belle demoiselle, qui, non seulement d'être agréable à l'oreille l'était aussi à l'œil. Enfin, ce n'est pas ce qui préoccupe vraiment notre sinistre Duc.

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MessageSujet: Re: Une première rencontre de la gente féminine... [PV : Erika de Malmö]   Dim 24 Juin - 12:43

L'un et l'autre commençaient à se sentir un peu plus à l'aise. La petite maladresse qu'elle avait tout à l'heure commise s'effaça de son esprit qui à présent divaguait. Elle avait cette amusante aptitude à penser à la fois à tout et à rien. De laisser son imagination voguer hors du temps et de l'espace pendant un instant avant de revenir dans la triste réalité. Presque à chaque fois qu'elle fermait les yeux, elle partait loin, très loin. Elle regagnait les plaines enneigées de Suède, voguait sur les rivières, redécouvrait mainte et mainte fois les visages de ceux qu'elle avait quittés il y a bien longtemps. L'espace d'un instant, plus rien n'avait d'importance, plus rien n'existait en dehors de ce petit rêve qu'elle trouvait à la fois merveilleux et stupide et enfantin une fois qu'elle rouvrait les yeux. Son être tout entier était fait de ce contraste entre une jeune femme perdue au milieu de toute cette cohue anglaise, froide et sans espoir dans la vie, et cette enfant pleine de rêves qui avait grandi peut-être trop vite, mais qui chaque jour s'effaçait un peu plus. Ces deux personnalités, seul un homme avait un jour su les découvrir. Un homme, un seul mais qui aujourd'hui était sortie de la vie de la comtesse qui se contentait à présent d'avancer seule avec ses peurs et ses démons bien enfouis. Elle avait parfois cette étrange sensation d'être une poupée de chiffon qui reposait sur un socle instable et qui tremblait sous ses pieds, menaçant de s'effondrer et de la laisser tomber sans vie dans un sombre abîme ou tous ses doutes pourraient s'emparer d'elle. Mais cela, elle ne le montrait à personne. Elle était trop orgueilleuse peut-être. Mais surtout trop effrayée que sa carapace ne se fissure si elle ne laissait entrapercevoir ne serait-ce qu'une brèche dans sa personnalité de glace. Et lorsqu'il s'agissait de se relâcher un peu, de prendre du bon temps et de penser autre chose qu'à la philosophie, à la politique extérieure, ou à la cupidité de bon nombre de courtisans, elle avait toujours terriblement peur de trop se laisser aller. De perdre pied, de sourire trop, de parler pour ne rien dire. Heureusement pour elle, la situation ne se présentait que très rarement, pour ne pas dire jamais car presque rien ni personne n'arrivait plus à lui tirer un rire ou un rictus sincère. Elle s'était habitué à vivre dans une certaine fatalité qui faisait que plus rien ne pouvait l'émerveiller.
Et puis il y avait William. Étonnamment, elle se surprenait à l'apprécier, à trouver agréable de marcher à ses côtés même s'ils n'avaient pas grand-chose à se dire. Intérieurement, elle se disait qu'il se ressemblait. Elle ne savait pas d'où il venait, ce qui lui était arrivé jusque-là, quels étaient ses projets d'avenir si tenté qu'il en ait, mais elle sentait qu'il était sur la même longueur d'onde. Bien sûr, au fond ils devaient être très différents, comme l'était chaque être sur cette Terre. Mais son attitude, sa façon d'être lui laisser à penser qu'ils étaient deux êtres susceptibles de se comprendre alors que tout autour d'eux leur laisser à penser qu'ils étaient seuls face à eux-même.
L'attitude de William était assez neutre, un observateur extérieur l'aurait même sans doute trouvé froid et très désagréable. Mais cela ne dérangeait pas Erika qui trouvait que cette attitude révélait quelqu'un d’authentique et fait sur autre chose que des faux-semblants.

- Oui et non. Je suis venu seul de mon domaine laissant derrière moi ma nièce. Cependant, selon ses lettres, elle semble bien décidée à venir me voir ici... J'ai bien peur de recevoir sa visite bien trop tôt que je ne l'espérais, je dois bien l'admettre... Et vous Lady de Malmö, êtes-vous seule ?

- Oui, personne ne m'a suivi, répondit-elle promptement. Elle marqua une légère pause le temps de chercher ses mots. Vous devez manquer à votre nièce si elle est si pressée de vous retrouver.

Le plus intéressant aurait sans doute été la raison qui avait poussé le duc à quitter sa demeure. Elle était très certainement bonne mais sans doute avait-il envie de la garder pour lui. Si l'envie lui venait de la lui confier, bien à lui, mais elle n'oserait pas le lui demander.
Après de longues minutes de marche, du moins c'était ce qui lui semblait, ils débouchèrent sur une petite cour intérieure pavée, déserte, que le soleil éclairait à moitié. Au milieu de celle-ci se trouvait deux bancs de pierre placés face à face. Erika décida alors d'aller s'asseoir sur l'un d'entre eux qui était situé à l'ombre. D'un geste de la main, elle remit en place les pans de sa robe qui laissaient à peine dépasser le bout de ses chaussures. Son regard arrêta de fixer le sol pour se poser sur William. La suédoise le fixa quelques instants, la tête légèrement penchée sur le côté comme elle avait l'habitude de faire quand elle faisait la connaissance de quelqu'un. Cela n'avait absolument pas pour but de mettre mal à l'aise son interlocuteur, elle n'envisageait même pas que cela puisse être dérangeant, mais voulait seulement voir à quoi il ressemblait plus précisément. Car jusqu'à maintenant, elle n'avait fait attention qu'à ses épaules carrées et son regard sombre. Quand on regardait avec attention les gens, on découvrait dans leurs visages bon nombre de petits détails qui nous avaient d'abord échappé. En détachant ses yeux des prunelles pénétrantes du duc, elle y découvrit un beau visage malgré ses traits quelque peu figés. Mais même sourire et dénoter d'une marque de contentement, il restait assez séduisant. Cet air mystérieux avait d'ailleurs dû faire tomber à la renverse bon nombre de jeunes femmes.
Elle ne le connaissait pas et pourtant elle se sentait en confiance, ayant la conviction que tout ce qui pourrait se dire entre eux ne serait jamais su pas quelqu'un d'autre. Comme s'ils pouvaient tout se dire en sachant que l'autre serait aussi muet qu'une tombe. C'était étrange de ressentir cela pour un parfait inconnu. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres et elle reprit la parole.

- C'est amusant, je ne vous connais que depuis quelques minutes et pourtant j'ai l'amusant sentiment de pouvoir vous faire confiance. Voyez, à l'instant même je suis en train de vous conter mes états d'âme, chose que je ne ferais jamais en temps normal...

En effet, rien que cela était très inhabituel. Ce n'était pas le genre de choses qui se disait. Vous arrive-t-il souvent d'adresser la parole au premier homme qui passe pour lui dire «hé, je ne vous connais pas mais j'aime beaucoup votre compagnie » ? En supposant seulement que vous soyez assez loquace pour lui adresser la parole, il vous serait plus aisé de parler de la pluie et du beau temps, non ? Enfin, chacun sa vision des relations humaines...
Pourtant elle commençait à se laisser à aller et à faire un peu moins à ce qui sortait de sa bouche. La question qu'avait tout à l'heure Erika en tête lui revint alors à l'esprit.

- Mon interrogation est très indiscrète alors ne vous sentez pas obligé de me répondre, mais pourquoi être parti ?

S'il vivait avec sa nièce à qui il semblait tenir, pourquoi l'avoir laissé derrière. Peut-être avait-il des obligations à Londres et qu'il avait peur que la jeune fille se perde dans la foule... Ou la raison était toute autre. C'était assez probable même. A cet instant, elle savait qu'elle était bien curieuse, trop peu être. Mais elle ne serait cependant pas de celle qui insisterait pour lui extirper ces informations personnelle. Elle comprendrait tout à fait qu'il souhaite les garder pour lui, comme elle le ferait en temps normal. Enfin, s'il ne s'était pas encore enfuie en courant c'était sans doute parce qu’il ne se sentait pas si mal à ses côtés, comme elle se sentait bien aux siens.
Machinalement, elle se mit à balancer ses jambes d'avant en arrière tout en regardant, d'un air hypnotisée, ses pieds et ses chevilles découvertes toucher la lumière du soleil avant de repartir dans l'ombre. Elle répéta plusieurs fois ce mouvement comme une enfant qui s'était trouvé un nouveau jeu et pour qui plus rien de ce qui se passait à l'extérieur ne l'importait. Sous cet air absent, elle écoutait pourtant avec attention ce que William répondait.
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William B. Merryweather
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MessageSujet: Re: Une première rencontre de la gente féminine... [PV : Erika de Malmö]   Ven 24 Aoû - 21:14


Une Marche Agréable, Un Partage en Confiance...

Erika de Malmö & William B. Merryweather

Couloirs de Whitehall Palace, Angleterre, Début d'Après-Midi.
Les bruits de pas réguliers et calmes continuaient de se faire entendre dans les longs couloirs de Whitehall Palace. " Ils sont fous de rester dans les couloirs par un temps si merveilleux c'est deux-là ! " entendaient-ils sur leur passage. Est-ce si étrange de vouloir rester au calme et au frais pendant une journée de chaleur ? Enfin, William et Erika ne faisaient pas attention à ces indiscrets assez hautains pour faire ce genre de remarque à voix haute. Ils s'en fichaient, l'atmosphère c'était à présent détendue entre les deux individus, le silence n'était plus aussi lourd qu'avant et l'expression si froide du Duc commençait peu à peu à se transformer en une sorte de satisfaction ou de bien-être. Cette sensation de pouvoir partager n'importe quoi avec Erika grandit doucement en William, c'est étrange mais il avait l'impression que ce qu'elle cachait était peut être aussi grand que ce qu'il cachait lui. Ce qu'il cache lui... Est-ce vraiment aussi grave qu'il ne le pense ? Beaucoup d'hommes et même de femmes ont commis ce genre d'acte, pourquoi ce tracasse-t-il ainsi depuis toujours ? Peut-être parce-que c'est dans le cadre familial... William semble porté par cette réflexion lorsque la belle Comtesse répondit avec assurance à la question retournée du Duc, elle lui affirma qu'elle n'avait pas était suivie. Elle n'avait personne avec elle, elle vivait donc seule. William pensait qu'elle avait une certaine solitude dans l'âme mais de là à vivre seule, ce doit être difficile pour une demoiselle. Le Duc sait mieux que quiconque que la solitude peut être dangereuse, mais il n'osait pas demander à la Comtesse si elle avait un peu de compagnie comme des domestiques ou des dames de compagnie. C'est après un petit temps de silence que les paroles de Erika sortirent William de sa rêverie.

« Vous devez manquer à votre nièce si elle est si pressée de vous retrouver. »
« Ce doit être ça, c'est pourtant elle qui m'a convaincu de venir ici. Elle n'a sans doute pas réaliser que mon absence serait très longue. Je suis tout ce qui lui reste alors oui, je dois peut être lui manquer... »

Une fois de plus, William en avait trop dit, c'est bien pour ça qu'il évite tout le monde et de ce fait, qu'il reste silencieux et trop peu bavard. Le jeune homme détourna la tête, peu fier de ce qu'il venait de "dévoiler", il pesta contre lui-même en serrant ses mains dans son dos. Ses sourcils se froncèrent doucement et il se mordit discrètement la lèvre, il avait dit qu'il allait dire une bêtise lorsque la demoiselle avait fait sa métaphore sur un prince et une dame... Certes, ce n'est pas une phrase futile et idiote, mais c'était tout de même une chose à éviter de dire pour William. Mais dans tout les cas, tout deux continuèrent leur marche jusqu'à qu'elle se termine sur une petite cours intérieure.

Cours Intérieure de Whitehall Palace, Angleterre, Après-Midi
Petite cours qui avait beaucoup de charme en plus d'être vide de présence indésirable. Elle était décomposée en deux parties : l'une ensoleillée et l'autre à l'ombre. Cette petite cours était très agréable, il y avait deux bancs face à face et Erika alla donc s'asseoir sur celui qui était à l'ombre. William n'osait pas trop s'engager dans cette cours, le soleil tapait fort et le Duc n'a jamais aimé l'astre ainsi que ses bienfaits et encore moins ses méfaits. C'est de là qu'il tien son teint de porcelaine, il a un mode de vie presque "vampirique". De l'entrée de la cours, il observe de long en large ce petit coin désert, juste assez fleuri pour être agréable. Avec un peu d'hésitation, il finit par se diriger vers Erika qui, elle, remettait en place sa robe après s'être assise sur l'un des bancs. William s'approcha, protégeant vivement ses yeux à l'aide de ses mains contre les rayons agressifs du soleil. On pouvait lire sur son visage qu'il n'appréciait pas ça, pour ne pas dire qu'il détestait ça. Cette lumière dévoilait encore mieux son visage, marqué par ce qu'il a vécu et ce qu'il vit. On pouvait ainsi mieux voir les cernes sous ses yeux, témoins de ses insomnies. Malgré son aversion pour le soleil, William ne savait pas si il devait s'asseoir à côté de la demoiselle, ou plutôt il n'osait pas. Toute cette ambiance le met un peu mal à l'aise, il n'a jamais vraiment su comment se comporter en compagnie d'autre personne. Il a beau avoir une nièce à qui il tien beaucoup, c'est plus une relation père-fille plutôt qu'une relation d'amitié. Le Duc regardait de gauche à droite, toujours dans une sorte d'hésitation sans même se rendre compte que la Comtesse scrutait méticuleusement son visage. Elle semblait être plus curieuse, comme si elle cherchait à en "savoir" un peu plus sur l'homme qu'elle avait en face d'elle, pas forcement dans l'histoire mais dans le physique. William se détendit peu à peu tout comme Erika qui commençait à prendre des airs enfantins assez mignons.

« C'est amusant, je ne vous connais que depuis quelques minutes et pourtant j'ai l'amusant sentiment de pouvoir vous faire confiance. Voyez, à l'instant même je suis en train de vous conter mes états d'âme, chose que je ne ferais jamais en temps normal... »

William concentra alors son regard sur le visage de la Comtesse qui semblait être tout en pureté et sincérité. La surprise qu'il ressentit sur le coup se refléta sur son visage. Étrangement cette expression fit rajeunir le sinistre Duc des quelques années qu'on lui rajoutait lorsqu'on le voyait pour la première fois. Parlons de son âge, quel âge a-t-il ? Personne ne le sait vraiment, tout le monde se donne juste une approximation et ne s'en préoccupe pas vraiment. Il y a bien quelques rares personnes qui lui ont demandé mais il a toujours détourné le sujet ou couper court à la conversation, et il a ses raisons. Il n'aime pas les réactions, imaginez-vous la situation...
« Quel âge avez-vous ?
- 27 ans...
- Et bien ! Je vous donnais déjà la quarantaine monsieur Merryweather ! »

Ça ne fait pas toujours plaisir n'est-ce pas ? Mais ici ce n'est pas forcement question de sentiments, c'est aussi parce-que William n'aime pas les répétitions, et cette remarque était tellement omniprésente qu'il a finit par s'en lasser. Mais retournons à ce qui nous intéresse, le Duc était toujours surpris face à la remarque de la demoiselle. Cependant, ce que ressent la Comtesse n'est pas étranger au Duc, bizarrement, il est dans le même cas. La demoiselle commençant à se laisser aller à des choses qu'elle n'aurait pas fait en temps normal, William fit de même, allant donc s'asseoir à côté de la jeune femme, beaucoup plus d'étendu qu'avant. Le joli sourire satisfait que portait la Comtesse rassurait William qui se fit lui aussi un peu plus bavard sur ses ressentis.

« Cela va vous paraître surement étrange mais je porte en moi le même sentiment. Je dois avouer que cela me trouble un peu mais je me sens pourtant tout à fait détendu. Je me surprends moi-même et je n'en ai pas l'habitude... »
Doucement, William sent ses muscles se relâcher et il se laisse donc basculer vers l'arrière, s'appuyant le dos sur le mur. Puis Erika reprit la parole.
« Mon interrogation est très indiscrète alors ne vous sentez pas obligé de me répondre, mais pourquoi être parti ? »

Même si la question semblait indiscrète, William était en confiance. La demoiselle venait de dire que si il le voulait, il n'était pas obligé de répondre. Alors le Duc pris son temps avant de répondre, qu'allait-il lui dire ? Lui mentir ? Non, ce serait trahir cette confiance étrange qu'il y a entre eux. Une vérité qui tourne dans diverses direction ? A quoi bon s’emmêler les pinceaux alors qu'on parle à une personne qui ne dira surement rien. Non, pour une fois, il allait dire la stricte vérité, une vérité brève et claire, sans vraiment entrer dans les détails. Lentement, William se redressa, posant ses coudes sur ses genoux, joignant ses mains entre elles et appuyant son menton dessus. Il respira un bon coup pour évacuer et prit donc la parole.

« Je n'ai jamais aimé sortir de mon domaine, j'ai toujours suivis mes affaires dans ma chambre qui me sert plus de bureau qu'autre chose... C'est bien ma nièce qui m'a convaincu de venir ici, ayant comme argument principal que je pourrais mieux suivre mes recherches ici plutôt que enfermé entre mes 4 murs préférés. Alors je suis parti, et maintenant elle veut venir avec moi mais... »
Le duc prit un temps de pause, se mordillant discrètement la lèvre avant de reprendre.
« J'ai peur ici... Maria est naturellement trop curieuse alors j'ai le terrible pressentiment qu'elle va s'embarquer dans quelque chose de louche. J'ai peur de la mettre en danger si elle vient à Londres, avec toutes les rumeurs et les histoire qui y traînent. Je n'aurais surement pas autant d'autorité sur elle ici que quand nous sommes à Moonacre... Oui, même si je semble si détaché de ce monde, il m'arrive parfois d'avoir des sentiments et celui-ci me terrifie... »
Dévoila-t-il ainsi ses inquiétudes à Erika, tel un "père" qui expose ses problèmes.

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MessageSujet: Re: Une première rencontre de la gente féminine... [PV : Erika de Malmö]   Ven 21 Sep - 20:24

Il était amusant de constater que le silence pouvait être aussi évocateur que les mots. Il y avait ce silence lourd, pesant, qui vous faisait vous sentir mal à l'aise face à un interlocuteur peu loquace. Ce silence gêné et timide que l'on observait entre un couple de jeunes tourteaux. Et puis, on pouvait parfois apprécier ce silence doux, léger, qui traduisait un bien être que des mots auraient maladroitement expliqué. Un instant pendant lequel il nous était donné de ne penser à rien. Un moment qui pouvait paraître suspendu dans le temps.
Alors que l'esprit de William fourmillait, qu'il se demandait s'il devait ou non répondre à la question de la jeune femme, celle-ci ferma les yeux pour mieux écouter les mille et un bruits qui formaient cet apparent silence. En réalité, on percevait en tendant l'oreille une multitude de sons qui se mêlaient en une musique informelle. Le bruissement du vent dans les feuilles, les pas lointains qui butaient sur le sol de pierre, le chant d'un oiseau qui au loin louait le beau temps, leurs deux respirations à peine audibles... Il était incroyable de constater que tant de choses échappaient à première vue à notre oreille alors que l'on était constamment baigné dedans. L'on percevait habituellement au mieux le brouhaha sans forme que tous ces bruits formaient mis l'un sur l'autre, mais si l'on ne prenait pas le temps d'y faire attention, jamais on ne prêtait garde à tous ces instruments qui formaient cet orchestre invisible. Quel dommage.
Erika fut tirée de son observation par la voix du duc qui résonna de nouveau. Elle ouvrit les yeux et se tourna vers lui pour le regarder pendant qu'il répondait à sa précédente interrogation.

- Je n'ai jamais aimé sortir de mon domaine, j'ai toujours suivis mes affaires dans ma chambre qui me sert plus de bureau qu'autre chose... C'est bien ma nièce qui m'a convaincu de venir ici, ayant comme argument principal que je pourrai mieux suivre mes recherches ici plutôt que enfermé entre mes 4 murs préférés. Alors je suis partis, et maintenant elle veut venir avec moi mais... J'ai peur ici... Maria est naturellement trop curieuse alors j'ai le terrible pressentiment qu'elle va s'embarquer dans quelque chose de louche. J'ai peur de la mettre en danger si elle vient à Londres, avec toutes les rumeurs et les histoires qui y traînent. Je n'aurais sûrement pas autant d'autorité sur elle ici que quand nous somme à Moonacre... Oui, même si je semble si détaché de ce monde, il m'arrive parfois d'avoir des sentiments et celui-ci me terrifie.

Alors qu'il parlait, il sembla à Erika que le soleil qui éclairait son visage avait pour effet de le rajeunir considérablement, d'adoucir ces traits qui dans la pénombre d'un couloir paraissaient si durs. Mais elle garda cette remarque pour elle, préférant se concentrer sur ce monologue qu'elle écoutait avec attention. En un sens, il lui sembla comprendre ses appréhensions. A l'entendre, il considérait en quelque sorte sa nièce comme sa fille et en cela, il se souciait de sa sécurité. Elle se demanda alors quel âge pouvait avoir la jeune fille en question. Une quinzaine d'années ? Peut-être un peu plus si elle avait la maturité nécessaire pour influencer les décisions du duc. Enfin, là n'était pas la question. Erika ne savait peut-être plus ce que signifiait être parent, mais elle supposait aisément que l'angoisse qu'il puisse arriver malheur à son enfant, d'autant plus dans une grande ville comme l'était Londres, devait être quotidienne et vous donner des cheveux blancs.

- Je ne doute pas que vous ayez des sentiments, répondit-elle d'une voix calme, un sourire discret mais amical sur les lèvres. Au contraire, à vos dires vous semblez être un homme de cœur. Et le simple fait que vous ne criiez pas votre grandeur d'âme à qui veut bien l'entendre prouve votre sincérité. Du moins c'est l'impression que vous me donnez...

Elle fit une pause de quelques secondes durant laquelle elle se contenta de regarder le bout de ses chaussures d'un air absent. La jeune femme trouvait que l'être humain était une créature hautement complexe, pour ne pas dire incompréhensible et c'est pourquoi elle évitait généralement de tenter de le déchiffrer. La marge d'erreur était trop grande pour que l'on puisse faire confiance à son propre jugement. Et malheureusement, on pouvait être si facilement dupé. Elle en avait bien conscience et c'était d'ailleurs la principale raison qui la poussait à se méfier de tous ceux qu'elle ne connaissait pas. Aujourd'hui cependant, elle se permettait de partager à voix haute ce que le duc lui inspirait. Peut-être était-elle dans l'erreur, mais elle espérait sincèrement ne pas se trouver car plus les minutes passaient et meilleure était l'impression qu'elle avait de ce mystérieux homme. Elle reprit finalement en le regardant dans les yeux.

- Je ne suis peut-être pas dans le même cas que vous, mais je pense que votre angoisse est parfaitement légitime. Mais si jamais votre nièce venait à vous rejoindre à Londres, je suis certaine que vous serez capable de la protéger. Elle a beaucoup de chance d'avoir quelqu'un qui tient à elle. Et elle serait sans doute heureuse de vous voir ailleurs qu'enfermé chez vous. Car je peux vous assurer qu'un peu de grand air et d'animation, quand bien même comme vous et moi on ne partagerait pas les aspirations de nombre de courtisans, aident à soulager tous les maux.

Mettre le nez dehors permettait de sentir la quiétude de la nature et de calmer notre trop plein d'énergie négative. Se mêler à l'agitation nous faisait oublier ce qui pouvait préoccuper notre cœur.

- Mais le meilleur des remèdes contre l'angoisse reste une recette qui vient de mon pays : de petits pains à la cannelle ! Et je peux vous assurer que cela n'a rien à voir avec ces gâteaux anglais dégoulinants de miel, ajouta-t-elle avec une petite grimace de dégoût. Les anglais étaient certes des personnes qu'on pouvait considérer comme raffinés, mais leur cuisine restait assez quelconque quand elle n'était pas atrocement écœurante. Rien ne vaudrait les repas simples et chaleureux qu'elle avait connu toute son enfance. Et les pains à la cannelle qu'Erika affectionnait tant en étaient la parfaite illustration.
Elle se leva alors et fit face à William.

- Je vais arrêter de vous embêter avec mes conseils culinaires, lui dit-elle en passant la main dans ses cheveux. Vous savez sans doute mieux à faire qu’écouter mes idioties et je dois moi-même prendre congé. En effet, elle se dirigeait à la base vers la bibliothèque dans le but de converser un peu avec Anne. Et bien qu'elle n'avait à présent que peu envie de s'y rendre, on ne faisait pas attendre la favorite, quand bien même on la connaissait bien. La comtesse lui adressa un signe de tête amical quoiqu'un peu informel. Mais à cet instant, elle n'avait pas la sensation de parler à un duc auquel elle devait le respect mais plutôt à un ami de longue date.
- J'ai beaucoup apprécié cette conversation et espère vous croiser de nouveau sous peu. Nous pourrons pester ensemble contre le monde entier si le temps ne nous presse pas, ajouta-t-elle ironiquement.

Elle lui lança un dernier sourire franc avant de se diriger vers les méandres de couloirs qu'ils avaient emprunté précédemment. Et elle disparut presque aussi promptement qu'elle était apparu tout à l'heure.
Finalement, cette journée ne fut pas si monotone que prévu, ce qui n'était pas pour lui déplaire. Elle avait finalement fait une rencontre qui quoiqu'un peu étonnante, était sans doute l'une des plus intéressantes qu'elle ait faite depuis son arrivé à Londres. Ce William était un personnage dont la compagnie était reposante et étonnement agréable. Il était amusant de constater que ceux qui avait les airs les plus sombres étaient au final ceux qui nous paraissaient les plus amicales. Ainsi, elle souhaitait sincèrement que cette première rencontre ne soit pas la dernière.
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Une première rencontre de la gente féminine... [PV : Erika de Malmö]
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