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 Chapitre II : « Coup de Théâtre à Whitehall » - Sujet Commun

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Le Fou du Roi
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MessageSujet: Chapitre II : « Coup de Théâtre à Whitehall » - Sujet Commun   Dim 22 Juil - 12:09

I n t r i g u e . D e u x i è m e
. . . . . . . . . .
« Coup de Théâtre à Whitehall »

. .

Le soleil revenait et la bonne humeur du Roi aussi. La pluie glaciale et les nuages gris étaient partis pour laisser place à un grand ciel bleu parsemé de quelques nuages blancs.
Le bourdonnement des abeilles était enfin de retour, et les papillons se posaient de nouveau sur les grandes vitres de Whitehall.
Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas fait aussi chaud à la cour.

Le roi, enjoué, avait fait appel à un metteur en scène. Oui, Henry avait pour projet de créer une pièce de théâtre. Une pièce de Théâtre dans laquelle les courtisans deviendraient acteurs. Le Roi lui-même envisageait de participer...

C'est ainsi, cher(e) lecteur(s), que j'ai le plaisir de vous annoncer que vous, habitant(e) de Londres, allez devoir vous glisser dans la peau d'un personnage que vous interpréterez devant toute la cour. N'est-ce pas fantastique ?!
La représentation se passera lors d'une douce soirée.
Bien trop douce pour qu'elle le reste !

Imaginez-vous jouer tranquillement votre pièce, répétant mot à mot les dialogues que vous avez appris, quand soudain, *paf*... Quelqu'un disparaît !
Vous devez vous demander qui est ce quelqu'un, n'est ce pas ? Mais ne vous inquiétez pas, bientôt, vous le saurez!

Je n'ai qu'une chose à vous dire : Gardez les yeux bien ouverts, il semblerait qu'il y ait des indices...

Intrigue imaginée par Eloïse du Mauroi,
Rédigée et mise en page par Victoria Wellington



Ce deuxième sujet commun est ouvert à tous les membres validés du forum !
Il n'y a aucun ordre de passage préétabli à respecter,
de sorte à ce que l'action ne soit pas interrompue.
Si vous avez bien pris connaissance du MP
qui vous a été envoyé, vous pouvez
répondre à la suite de ce message.

Nous espérons que cette intrigue vous amusera
et vous réservera plein de surprises !

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Alexandre Dulis

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MessageSujet: Re: Chapitre II : « Coup de Théâtre à Whitehall » - Sujet Commun   Mer 25 Juil - 16:22

Voilà, le grand jour était finalement arrivé, celui où aurait lieu la fameuse pièce de théâtre donnée en l'honneur de Marguerite de Navarre qu'il était par ailleurs ravi d'accueillir en Angleterre, celle-ci étant tout de même la sœur du roi de France, son pays natal. Mais si beaucoup étaient très excités à cette idée, c'était loin d'être le cas d'Alexandre qui n'aimait pas particulièrement se donner en spectacle. Car hélas on lui avait demandé de jouer un rôle, et même si c'était un grand honneur de partager la scène avec de telles personnalités, il aurait préféré faire le spectateur. Mais comment dire non à roi, je vous le demande. Ainsi donc le français se retrouva à jouer Clemente, amoureux d'une certaine Amalia, celle-ci étant inaccessible. Cela ressemblait étrangement à son histoire et il se demandait si les rôles avaient réellement été distribués au hasard. Fort heureusement, il n'apparaissait pas tout le long de la pièce puisqu'il serait censé être mort pendant un long moment. Il redoutait d'ailleurs cette scène de duel qu'il échangerait avec Andrew Boleyn à qui le rôle de fourbe convenait parfaitement à propos... Si dans la vie il était plutôt bon comédien (qui ne l'était pas à la cour après tout?) il était en revanche un piètre escrimeur, contrairement à son personnage. Mais le pire restait tout de même de devoir jouer le soupirant d'une parfaite inconnue. Remarque cela devait être bien plus difficile pour celle-ci qui devait feindre d'être amoureuse du roi en personne. Celle qui interprétait Amalia était Erika de Malmö, évidemment il la connaissait de nom et l'avait déjà aperçue à la cour mais ils ne s'étaient jamais parlés. Elle lui paraissait tellement austère qu'il n'avait jamais osé l'approcher. Mais il fut bien obligé pour répéter avec elle et les autres comédiens. Il avait par ailleurs fait le strict minimum, de quoi satisfaire le roi sans en faire des tonnes. De toute façon il aurait été dangereux de donner son meilleur, cela aurait pu ressembler à une tentative d’éclipser le monarque pour briller à sa place. Mais après réflexion, s'il y mettait tout son cœur, peut être que celle qui habitait réellement ses pensées serait prise d'une soudaine jalousie. Durant un temps, il avait d'ailleurs répété son texte avec elle, ce qu'il avait trouvé étrange au possible soit dit en passant. En revanche, s'il jouait avec ses réels sentiments, sa partenaire risquerait elle aussi de mal interpréter tout cela... Et si madame de Malmö pensait qu'il la courtisait, cela deviendrait un peu plus problématique.

Quoi qu'il en soit un brouhaha envahit la salle, les invités se rassemblaient peu à peu et discutaient en attendant le levé du rideau. On faisait les dernières préparations et la pièce ne tarderait pas à commencer. Alexandre observa la foule d'une mine lasse, elle était impatiente que le spectacle commence, lui était impatient qu'il se termine. Il jeta ensuite un œil aux autres acteurs qui pour la plupart répétaient encore leur texte pour s'assurer de tout connaître sur le bout des doigts, d'autres arrangeaient leur costume voire leur maquillage. Lui était resté en retrait, comme tapit dans l'ombre pour observer un drame. Il avait prétendu avoir besoin de calme pour pouvoir mieux se concentrer. Ah, on pouvait le dire, Henry savait animer la galerie. Il faisait d'une pierre deux coups. Il souhaitait la bienvenue à la reine de Navarre en employant les grands moyens tout en officialisant par la même occasion sa relation avec Anne Boleyn qui devait être aux anges. Elle était probablement celle qui avait le plus hâte de monter sur scène. Et entre nous, elle était aussi la plus douée pour jouer un rôle... Même si Alexandre n'approuvait ni ne désapprouvait cette nouvelle idylle, il ne pouvait faire l'indifférent et se voyait obligé de feindre l'enthousiasme exagéré. Il songea soudain à la pauvre Catherine d'Aragon, mise de côté comme une vulgaire personne indésirable. Il se demanda si elle assisterait à la pièce. Cela la blesserait plus qu'autre chose mais d'un autre côté elle ne pouvait se défaire de son tendre Henry qu'elle aimait malgré tout sans qu'Alexandre ne comprenne pourquoi. Remarque Éloïse le côtoyait toujours malgré ce qu'il lui avait fait subir... Il secoua la tête pour se sortir ces pensées de la tête. Ma foi ces affaires là ne le concernaient point et tout ce qu'il avait à faire était d'interpréter correctement son rôle. Pourvu que cela se termine vite !
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Erika de Malmö

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MessageSujet: Re: Chapitre II : « Coup de Théâtre à Whitehall » - Sujet Commun   Sam 28 Juil - 20:52

Elle ne se sentait que trop peu à l’aise devant cette foule aux yeux rivés sur la scène. Quoiqu’elle tentât de feindre une certaine assurance et une parfaite maîtrise de son anxiété, ses mains avaient tremblé et son cœur palpité jusqu’à ce que les premiers mots sortent de sa bouche. Une fois sur les planches, le stress de se retrouver devant toute la cour s’envolait peu à peu. Loin d’avoir sauté de joie lorsqu’on lui avait appris qu’elle devrait prendre part à la pièce de théâtre que le roi souhaitait donner, elle s’était finalement faite à cette idée, non sans avoir pleuré intérieurement du fait de devoir passer du rôle de spectatrice à celui d’actrice. Et puis, quand bien même l’idée ne lui avait que très moyennement plu lorsqu’elle avait été évoquée, on ne pouvait décemment pas se résoudre à dire non au roi. Quoiqu’il aurait été judicieux de le préciser à une certaine Alice Bulter ! Si elle n’avait pas détourné le rôle d’Amalia pour une raison dont Erika se souciait peu, cette dernière n’aurait jamais eut besoin de la remplacer. Soit. Après réflexion, il était parfaitement compréhensible que la dame d’honneur de la reine refuse de jouer l’amoureuse transie de Callimaco , interprété par un souverain dont on connaissait tous son goût pour la tromperie amoureuse. Mais tout de même, n’aurait-il pas été possible de trouver quelqu’un d’autre que la suédoise pour se glisser dans la peau de la jeune Amalia ? Enfin, à rien ne servait de râler, mieux valait y mettre un peu de bonne volonté pour que la tâche paraisse moins pénible.
Quoiqu’au vu de l’ambiance loin d’être folle des répétitions, tous les acteurs/courtisans n’étaient pas enchantés de cette représentation. Monsieur Dulis par exemple, jeune homme tenant le rôle de Clemente, amoureux silencieux d’Amalia, ne semblait pas très enthousiaste. Egale à elle-même, Erika, devant ce français qui ne lui adressa pas plus la parole que de nécessaire, ne prie pas la peine de se montrer sympathique et se contenta simplement de jouer avec la justesse dont elle pouvait faire preuve lorsque le metteur en scène lui martelait en s’arrachant les cheveux de tenter de mettre un peu de sentiments dans ses tirades. D’une part pour qu’il ferme son horrible claper, mais aussi pour ne pas gâcher la pièce, elle se plia aux désirs artistiques de celui qui veillait au bon déroulement des évènements. Et puis, malgré sa tendance à critiquer ces tentatives de distraction d’une cour oisive, la jeune femme savait que cette pièce mettant en scène presque ouvertement l’amour du roi pour la belle Anne, réjouirait cette dernière pour qui Erika avait beaucoup d’affection. Bien qu’elles ne partageaient pas le goût du faste et des fêtes, les deux femmes se retrouvaient autour de leur amour de la littérature, des jeux de l’esprit en général et de leurs idées réformatrices.

Le grand jour était enfin arrivé et après maintes répétitions plus ou moins réussies, il était temps de présenter à la cour le résultat final. Chacun avait à présent enfilé son costume et s’apprêtait à réciter son texte si bien appris. Il aurait été de très mauvais goût d’oublier, devant cette bande de requins qui servaient de spectateurs, son flamboyant monologue. Alors que l’agitation gagnait les coulisses, elle tentait de faire le vide dans sa tête, d’oublier quelques instants tout ce qui se passait autour d’elle pour se concentrer exclusivement sur le rôle qu’elle devait embrasser. Elle se refusait à commettre un faux pas et avait pour cela besoin d’un moment de concentration qu’elle finit par trouver malgré le bruit qui bourdonnait partout autour. Intérieurement, elle tentait de se convaincre que tout allait bien se passer et que la pièce serait une réussite, comme le roi l’avait prédit et souhaité. Si chacun y mettait sa mauvaise volonté de côté deux heures durant, rien ne pourrait venir perturber cette après-midi et le succès serait au rendez-vous. Ne restait plus qu’à !


*Excusez-moi pour ce post très nul...*
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Aaron Lawford

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MessageSujet: Re: Chapitre II : « Coup de Théâtre à Whitehall » - Sujet Commun   Jeu 2 Aoû - 16:07

Tandis que certains comédiens improvisés n'étaient guère enchantés de se trouver là où ils étaient, il y en a bien un qui était on ne peut plus ravi. Une pièce de théâtre qui précipiterait les foules et demanderait bien plus de vigilance qu'habituellement, quelle aubaine pour Aaron ! En effet, grâce à ce surplus de monde au sein de la cour, la sécurité avait du être renforcée. Et pour ce faire, le Roi avait demandé à ce que l'on fasse appel aux citoyens volontaires. Le maître d'armes n'y avait pas réfléchit à deux fois, il avait du être l'un des premiers à donner sa candidature pour faire partie des gardes en plus. Son parcours assez estimé à Londres et ses fières qualités de combattant ne le firent pas attendre très longtemps, il rejoignit les rangs le temps de la pièce. Imaginez-vous un peu, il avait même pu rencontrer le chef de la garde royale en personne ! Avec un peu de chance et il lui taperait dans l’œil, ainsi on le rappellerait et il serait un membre à part entière des gardes de sa Majesté. Même s'il préférait ne pas s'emballer, il avait quand même grand espoir et se savait de toute façon plus que qualifié pour y parvenir. Mais ce n'était pas tout, c'était aussi la première fois que Aaron pénétrait le palais royal. La cour, la fameuse, celle où tout le monde désirait loger, il y avait enfin accès même si c'était pour une durée temporaire. Lui n'avait connu que les rues de londoniennes et sa maison familiale qui se tenait à la campagne. A peine avait-il mis un pied à Whitehall que tout lui avait semblé absolument merveilleux. Le luxe qui se sentait même en dehors du palais, l'intérieur était tellement décoré, si bien meublé. Sa maison à lui était aussi vide que si elle était inhabitée. Les richesses de toutes ces nobles personnes, leur façon de se comporter. C'était nouveau et très électrisant. Il allait enfin voir son Roi qu'il admirait tant ! Il espérait aussi apercevoir Catherine d'Aragon qu'il respectait beaucoup même s'il craignait qu'elle ne soit pas présente. D'ailleurs il se demanda s'il croiserait l'étrange courtisane, la jeune Éloïse. Cela tomberait bien puisqu'il avait des comptes à régler avec elle. Remarque il n'aurait pas vraiment le temps de converser avec elle. Quoi qu'il en soit le citoyen était aux anges, c'était comme un rêve mais qui s'avérait être parfaitement réel. Mais évidemment il n'en oubliait pas pour autant son rôle, lui aussi en avait un, celui de veiller au bon déroulement de la pièce. Si quelque chose arrivait il s'en voudrait toute sa vie. Autant vous dire qu'il était aussi attentif que s'il était certain qu'un opposant au trône se trouvait sur les lieux. Il se glissa au milieu du public, s'excusant poliment à chaque fois qu'il touchait quelqu'un, même s'il ne faisait que l'effleurer. Puis il jeta pour la première fois un regard à la scène où se tiendraient bientôt les acteurs. Il n'avait strictement aucune d'idée de quoi parlait la pièce et d'ailleurs s'en fichait un peu. Il n'avait jamais ouvert un seul livre de sa vie sauf ceux qui parlaient des méthodes de fabrication. Et même si le théâtre populaire était assez présent à Londres il ne s'y était jamais rendu car cela ne l'intéressait de toute façon pas. S'il était curieux de voir comment fonctionnait une pièce à la cour, il n'y était pas particulièrement sensible. Il n'était là que pour une raison, surveiller et s'assurer que rien ne soit en désordre. Et, pourquoi pas, se faire un nom à la cour et monter en grade. On n'est jamais trop ambitieux.
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Eloïse du Mauroi


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MessageSujet: Re: Chapitre II : « Coup de Théâtre à Whitehall » - Sujet Commun   Jeu 2 Aoû - 17:34

Ne pas être en retard, ne surtout pas être en retard, s’interdisait intérieurement la jeune femme en pressant le pas en direction de ses appartements. Certes, personne ne ferait attention à elle. Si elle avait été seule, elle aurait fort bien pu se glisser subrepticement dans la salle après le début de la représentation. Mais, voilà, elle était accompagnée de ses deux parents, et ceux-ci étaient tellement emballés par cette représentation théâtrale qu’ils ne la lâcheraient pas d’une semelle jusqu’à ce qu’elle soit fin prête. D’ailleurs, elle aussi était enjouée à l’idée d’assister à ce spectacle. Elle imaginait déjà le délicat brouhaha qui se ferait entendre à l’approche de la salle de réception, celui des murmures excités des courtisans réunis pour ces festivités. Et puis les lumières de la rampe, et les gardes en tenues officielles, et les acteurs dans leurs costumes. Et Alexandre. Car son ami d’enfance ferait partie du spectacle. Il n’en était pas exactement enchanté mais Eloïse l’était pour deux. La jeune femme avait passé l’après-midi en ville avec sa mère pour acheter du tissus et quelques autres futilités socialement nécessaires, mais elle avait pensé toute la journée à la représentation qui aurait lieu le soir même. Elle avait laissé sa mère lui mettre différentes étoffes sur les épaules et près du visage (pour voir quelle couleur seyait le mieux à son teint), et cette gentille docilité avait étonné Adèle du Mauroi, qui s’étonnait de voir sa fille si patiente. Eloïse était tout simplement de très belle humeur. C’était sans compter le fait que, sans qu’elle n’y soit préparée, ses détestables cousins avaient fait envoyer un mot à ses appartements pour la prévenir du fait qu’eux aussi avaient été invités à assister à cette représentation. Et là, la jeune du Mauroi en avait été fort contrariée. Elle n’avait tout simplement pas pensé que ses Marquis de cousins seraient présents. Et lorsqu’ils étaient présents, ils prenaient de la place. Ils riaient fort, bavardaient sans cesse, médisaient le plus possible. Et son père, quant à lui, insisterait probablement pour qu’Eloïse s’asseye près d’eux pendant la représentation, car il avait toujours l’espoir de la marier à l’un d’eux dans un avenir plus ou moins proche. Vaguement dépitée mais bien décidée à ne pas se laisser gâcher la soirée par ces deux hyènes, Eloïse décida que, le temps d’un soir, elle serait d’une compagnie agréable, pour se rendre à elle-même la chose moins pénible. Et puis, elle s’éclipserait dès que possible.

Telles étaient les pensées de la jeune courtisane lorsqu’elle sortit de ses appartements vêtue d’une robe légère et d’un blanc immaculé (ce qui lui rendait un peu de sa gaieté car le blanc était sans conteste sa couleur préférée). Elle rejoint ses parents au milieu d’un couloir et les embrassa tous deux, après quoi le petit groupe se dirigea vers la salle de réception. Un page se tenait devant l’entrée. Il annonça à haute voix l’arrivée des parents d’Eloïse, qui entrèrent dans la salle et se mirent discrètement dans un coin, en attendant que leur fille soit annoncée à son tour. Le page chercha le nom d’Eloïse sur sa liste, vérifia deux fois, puis, érubescent et embarrassé dans sa collerette trop serrée, il dit à voix basse à la jeune femme qu’il ne trouvait point son nom sur la liste des invités. Eloïse commença par y voir une vilaine plaisanterie de la part du souverain qui ne la portait pas dans son cœur, puis, secouant la tête en répondant à ses propres pensées, elle songea qu’Henry VIII avait mieux à faire que de se montrer mesquin envers elle, lors de telles festivités. Le père d’Eloïse, qui commençait à s’inquiéter, demanda au page de vérifier de nouveau, mais il fallut se rendre à l’évidence : son nom ne figurait définitivement pas sur la liste. La jeune femme, qui s’impatientait quelque peu mais qui ne voulait point se faire remarquer en se montrant grossière vis-à-vis du pauvre page, fit demi-tour en direction de ses appartements, où elle récupéra le carton d’invitation qu’elle avait reçu et qui la conviait à la représentation. Elle le donna au page, mais celui-ci restait sceptique car il demeurait obnubilé par sa propre liste.
E L O Ï S E – « Monsieur, je vous en prie, cette situation est tout à fait ridicule, dit Eloïse au page avec politesse mais un peu de désarroi. Je vous assure que je devrais être sur votre liste. Et d’ailleurs… Oh, tenez : je connais ce garde ! Si vous le souhaitez, faites-le appeler et il aura l’amabilité de me reconnaitre. Est-ce que cela vous conviendrait ? »

La jeune femme ne s’expliquait pas pour quelle raison monsieur Lawford était ici, vêtu de la belle tenue des gardes du Roi, mais elle en était tout à fait ravie et passablement soulagée. Le page déclara que si l’un des gardes de sa Majesté donne sa parole d’honneur qu’il la connaît, il serait tout à fait convaincu. Eloïse eut une pensée méchante en se demandant ce que peut valoir la parole d’honneur d’un homme comme le maître d’armes, mais elle fut immédiatement honteuse de cette vilaine réflexion intérieure. Après tout, et même s’il s’était montré grossier envers elle à plusieurs reprises, il restait quelqu’un d’honnête, et était allé jusqu’à la défendre devant ses odieux cousins. Le page fit un signe à monsieur Lawford, pour le faire venir près de l’entrée. Eloïse lui adressa un sourire gêné et un signe de tête pour le saluer. Il avait fière allure, dans cette tenue de garde de Sa Majesté. Néanmoins, et même si au fond elle était plutôt contente de le voir ici, le déroulement de sa soirée dépendrait de la bonne volonté du maître d’arme, et cela était tout à fait pour déplaire à la jeune femme, qui aimait pouvoir compter uniquement sur elle-même.
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MessageSujet: Re: Chapitre II : « Coup de Théâtre à Whitehall » - Sujet Commun   Mer 8 Aoû - 21:52

Effervescence, émoi, agitation; voilà des termes qui correspondaient bien à l'ambiance qui régnait sur la cour ce jour là. Courtisans, courtisanes, servants, nobles, tous avaient été gagnés par le bouillonnement accompagnant chaque grand événement. Le Roi donnait une pièce de théâtre et depuis l'annonce de cette nouvelle, tout le monde à la cour attendait avec plus ou moins d'impatience que le jour de la représentation arrive enfin. D'un côté, il y avait les courtisans qui avaient été choisis pour interpréter un rôle et qui, depuis quelques semaines répétaient sans relâche leur texte pour être sûrs de ne pas avoir un trou de mémoire une fois sur scène. Si cela arrivait, ce serait vraiment comble de malchance et ça pourrait même suffire à détruire une réputation. C'est donc pour cela que les comédiens d'un jour étaient, pour la plupart, à la fois stressés et heureux de monter sur scène; après tout, c'était un honneur d'avoir été choisi par le Roi pour jouer un rôle... De l'autre côté, il y avait les autres courtisans, ceux qui n'avaient pas de rôle mais qui seraient tout de même spectateurs de la pièce. Certains étaient jaloux de ceux qui avaient obtenu un personnage à incarner, d'autres se contentaient bien de ne pas avoir été choisis, d'autres encore s'en fichaient complètement. Cependant, tous, sans exception guettaient hâtivement le jour où ils pourraient enfin admirer les autres courtisans sur l'estrade. Enfin, admirer est un bien grand mot car certains, n'attendaient qu'une chose: que l'un des comédiens oublie son texte, ça rendrait la soirée beaucoup plus amusante... Maintenant que le jour tant attendu était arrivé, chacun attendait avec plus ou moins de patience que la représentation commence pour de bon. Les domestiques courraient d'un bout à l'autre du château réglant les moindre détails: il fallait que tout soit parfait ou le roi serait fâché. Et personne ne voulait voir la bonne humeur actuelle du roi se dégrader. Les comédiens d'un jour quand à eux, répétaient encore et encore leur texte tandis que leurs domestiques les aidaient à revêtir leur costume de scène. Enfin, les spectateurs étaient pour la plupart encore consignés dans leurs appartements, cherchant avec beaucoup de soin leur plus belle tenue d’apparat et les bijoux et accessoires qui s'accorderaient le mieux avec leur accoutrement. Il fallait se faire le plus ravissant possible pour ce divertissement car après tout, c'était le Roi qui le donnait. Alix ne dérogeait pas à la règle. Elle était d'ailleurs très excitée à l'idée de cette réjouissance car, c'était exactement le genre d'événements auxquels elle aimait assister.Fermant les yeux, elle s'imagina alors au milieu de la foule de courtisans venus assister à cette représentation de théâtre. Elle n'avait pas grand chose à faire de la pièce de théâtre en elle même, d'ailleurs elle n'en avait même pas retenu le nom qui pourtant circulait de partout dans le château: La Mandrogue, non c'était pas ça, La Mandrogte peut être ou La Mandragore., elle ne savait plus et ça lui importait bien peu. La seule chose qui comptait pour Alix, c'était d'écouter par ci et par là tous les petites intrigues secouant les courtisans. Elle aimait ça, plus que tout: découvrir les petits secrets des gens sans même se faire remarquer c'était son passe temps favori, absolument. Certains aimaient la chasse, d'autres les bals, elle, en grande curieuse, aimait disséquer les agissements des gens de la cour afin de déceler leurs petites cachotteries. Elle aurait pu être un de ceux qui, pendant la pièce allaient se délecter et admirer l'écriture et le maniement des mots de l'auteur mais, ce ne serait pas le cas. La littérature lui importait bien peu, une seule chose était importante: la richesse et le pouvoir. Pourtant dans son enfance, Alix avait aimé les livres. Enfin Alix disons plutôt Jane car il y a de cela bien des années, on ne la connaissant que sous le prénom de Jane. Cependant, tout avait changé le jour où ses parents avaient perdu la vie, sa vie avait pris un tournant et aucun retour en arrière n'était possible. On lui avait tout enlevé et elle allait se venger en devenant bien plus riche que ce qu'elle n'aurait dû être. Oui aujourd'hui, elle ne vit que pour cela, se venger et sa vengeance sera amère. Son Credo est: chacun est maître de son destin et, la jeune femme est bien décidé à le mettre en œuvre. Car oui, derrière son visage d'ange se cache une détermination infaillible et, Alix est bien plus dangereuse que ce que tout le monde ou presque pense, s'ils savaient...

Sortant de ses pensées, Alix accéléra le mouvement. Il fallait qu'elle se dépêche, vraiment, sinon elle allait se mettre en retard. La robe qu'elle allait porter était délicatement déposée sur son lit. C'était une de ses robes les plus luxueuses et une de ses préférées par la même occasion. Pourtant, elle ne la mettait que très peu de peur de l’abimer mais, elle aimait parader avec dès qu'elle en avait l'occasion et, cette petite fête organisée par le roi était l'opportunité rêvée. Une fois la robe enfilée, avec le plus grand soin possible, Alix se contempla dans son miroir. Le rendu était superbe. La couleur bordeaux et le tissu soyeux et noble s’accordaient parfaitement avec son teint. Le décolleté, quand à lui, était bordé d'un ruban couleur crème qui donnait une touche de lumière à la robe. Quand à la coiffure, Alix avait opté pour une coiffure assez simple rendue sophistiquée par le simple rajout d'une magnifique ferronnière. Enfin, pour relever le tout et être digne de l’événement, la jeune femme se para d'un luxueux pendentif orné de pierres fines. Satisfaite de son allure, elle sortit alors de ses appartements afin de rejoindre la salle de réception où allait bientôt commencer la pièce de théâtre. Elle salua poliment et avec le sourire aux lèvres, toutes les personnes qu'elle croisait. Une fois arrivée à la salle de réception, elle présenta son carton d'invitation et rentra. Alix fut immédiatement enveloppée par l'agitation qui régnait dans la pièce. Beaucoup de gens étaient déjà présents et le doux brouhaha de leurs discussions parvenait aux oreilles de la jeune femme. Elle marcha alors, pour rejoindre l'endroit où il y avait le plus de foule c'est à dire, vers l'estrade tout en scrutant avec beaucoup d'attention les tenues des courtisans et courtisanes également conviés à cette représentation...

hj: désolée c'est nul :/
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Catherine d'Aragon

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MessageSujet: Re: Chapitre II : « Coup de Théâtre à Whitehall » - Sujet Commun   Sam 11 Aoû - 15:33

Le silence qui régnait dans ses appartements lui était on ne peut plus agréable. Les seuls bruits qui arrivaient à ses oreilles étaient celui des pages d’un épais livre qui se tournaient lentement. Les fenêtres qui donnaient sur les jardins ensoleillés étaient closes. Non pas dans le but de filtrer les charmants sifflements des oiseaux, mais plutôt pour empêcher le grincement des pieds sur les graviers d’entrer dans la pièce. Catherine profitait de ces derniers instants de calme avant de devoir se mêler à la cohue de la cour. Si habituellement, elle ne rechignait pas à tenir son rang au milieu de ces courtisans qui venaient de tout Londres, elle ne se sentait absolument pas d’humeur à rejoindre les festivités du jour. Elle aurait d’ailleurs bien voulu éviter de s’y rendre, mais son royal époux lui avait fait comprendre que sa présence serait souhaitable dans la mesure où elles étaient données en l’honneur de la reine de Navarre. Par simple souci diplomatique, il aurait ainsi été déplacé de ne pas se montrer parée de son plus beau sourire de façade. Par souci sentimental, Catherine aurait préféré se laisser mourir plutôt que d’assister à cette pièce de théâtre. La reine avait toléré et tolérait toujours beaucoup, mais devoir s’assoir et regarder son époux se morfondre d’amour pour cette intrigante d’Anne Boleyn lui était insoutenable. Il semblerait qu’Henry ait déployé toute son imagination pour mettre en scène ses sentiments à l’égard de cette jeune femme, prenant bien évidemment soin de ne pas se soucier de ce que pourrait ressentir celle qui était encore sa compagne devant les hommes et devant Dieu. Intérieurement, Catherine bouillonnait, fulminait à la simple idée de devoir se rendre à cette mise en scène de la Mandragore. Extérieurement, elle paraissait comme toujours posée. Comme quoi, même si elle ne montait pas sur les planches, elle n’était pas mauvais comédienne.
Après avoir fini son chapitre, qu’elle avait mis un temps fou à lire tant son esprit était ailleurs que dans son livre, elle se leva pour signifier aux dames d’honneur qui étaient à ses côtés qu’ils étaient temps de se rendre dans la salle de réception. Soucieuse de cultiver une image parfaite et une conduite que nul ne pourrait critiquer, il était pour elle hors de question d’arriver en retard. Avant de quitter ses appartements, elle se regarda une dernière fois dans un miroir. Afin de montrer à chacun qu’elle était encore reine et comptait le rester, elle avait revête une robe d'un ton rouge assez sombre mais brodée au fil d’argent, piquée de perles et de pierres précieuses, rehaussée d’une fine dentelle. Ce n’était sans doute pas par ses couleurs rayonnantes que cette tenue pourrait éblouir, mais sa richesse apparente suffirait à rappeler son rang. Ses cheveux sombres, parsemés de quelques mèches blanches qui lui rappelaient à elle-même les années qui défilaient, étaient bouclés et tombaient le long de son dos. Sur sa tête était posée une couronne d’argent assez fine mais taillée avec une grande finesse. En somme, même si elle n’était pas femme à se parer de grands atours, Catherine avait fait une petite entorse à sa règle.
Elle entra calmement dans la salle de réception transformée en un théâtre éphémère ce qui plongea l’endroit dans une seconde de silence avant que le brouhaha ne reprenne le dessus. Alors qu’elle se glissait jusqu’au premier rang, là où elle devait en toute logique prendre place, elle croisa Alix Fray, charmante baronne qu’elle appréciait tout particulièrement. Sa mine morose s’effaça alors et elle adressa un large sourire à la jeune femme qu’il lui plaisait de voir ici.

- Votre présence ici me réjouit, baronne, lui dit-elle avec un signe de tête en guise de salutation. Et comme toujours, vous êtes radieuse !
Il était vrai qu’Alix était toujours d’une grande élégance et superbement vêtue. Et contrairement à une certaine Anne Boleyn, ses toilettes grandioses n’étaient pas achetées avec l’argent de la couronne ! Enfin, Catherine balaya bien vite l’image de celle qui se présentait comme sa rivale.
Voir la demoiselle Fray lui rappelait que la cour n’était pas faite que de requins mais aussi de personnes de bon goût avec qui il était bon de converser.
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Andrew Boleyn

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MessageSujet: Re: Chapitre II : « Coup de Théâtre à Whitehall » - Sujet Commun   Ven 17 Aoû - 11:30

Voici que la salle se remplissait et que certains acteurs commençaient à avoir le trac. Ce n’était pas le cas d’Andrew Boleyn, qui était un des rares participants à se réjouir d’avance. Vous me direz qu’il est bien rare de voir le Comte de Sackville autrement que ravi et enthousiaste. Cependant, il était aujourd’hui spécialement content car il était honoré et flatté que le Roi l’ait choisi pour jouer dans sa pièce de théâtre. Il avait la vague idée qu’il devait cette position à sa femme plutôt qu’à son seul mérite, mais cela ne le dérangeait pas le moins du monde. Alice, après tout, était une femme charmante, brillante, et elle méritait tout à fait la place de Dame d’Honneur de la Reine. En tant qu’époux d’une personne aussi talentueuse, il était bien naturel qu’il récolte lui aussi quelques faveurs royales. En outre, il avait l’impression que le Roi l’appréciait, car ils étaient de la même espèce. Ils étaient tous deux des hommes vigoureux et intrépides qui connaissaient les femmes, à la différence près qu’Henry VIII était un homme de pouvoir tandis qu’Andrew était homme de désirs. En la circonstance, le pouvoir du Roi avait servi le désir du Comte, et le voici donc transformé en Ligurio, ami de Callimaco (qui serait joué par Sa Majesté en personne, imaginez donc !) et charmant pique-assiette vivant à ses heures. Ce rôle lui convenait à merveille, et l’idée de jouer un excentrique crapuleux l’amusait, à dire vrai, énormément.

Le Comte traversa la pièce qui servait de coulisse aux acteurs, et croisa Alexandre Dulis, Vicomte qui jouait le rôle de ce pauvre Clemente. En constatant l’air ténébreux et vaguement mécontent du Vicomte des Estrille, Andrew haussa légèrement les épaules, comme il ne comprenait pas les gens jamais contents. S’il avait été plus proche du Vicomte, il l’aurait pris par le bras d’une façon amicale et familière, et lui aurait dit que ce n’est point en faisant triste mine que l’on se rend favorable l’assistance. D’ailleurs, cet Alexandre était plutôt un beau jeune homme, et, s’il n’avait toujours pas de fiancée à son âge, c’était certainement dû à la mauvaise grâce qu’il semblait mettre en toute chose. Un point c’est tout. Et Andrew passa son chemin, car, en parlant de mauvaise grâce, il avait repéré de loin la belle Comtesse Erika, et il céda à la fantaisie d’aller lui dire bonjour. Depuis leur entretien au bord du terrain de tir à l’arc, ils n’avaient pas vraiment eu l’occasion de se reparler seul à seul. Pourtant, Andrew était attiré par cette excentrique aux airs supérieurs, et il se plaisait à discuter avec elle. La compagnie d’une telle statuette de glace semblait effroyable à la plupart des courtisans, mais Andrew, toujours joueur, s’amusait de son caractère apparemment hautain. Quiconque se donnerait la peine de la connaître découvrirait qu’elle est dotée d’une grande intelligence et d’une certaine grandeur d’âme. Elle était donc une personne qu’il était parfaitement agréable de taquiner. Il s’approcha d’elle par derrière, avec la souplesse et la rapidité d’une panthère, et, sans introduction, lui dit à l’oreille :
« J’ose espérer que vous ne m’en voudrez pas de pourfendre votre amoureux sur scène, Madame… »
Il avait quelque chose de malicieux dans la voix. Il fit quelques pas de côté pour venir cette fois se placer devant la Comtesse, après quoi il exécuta une profonde révérence, sourire aux lèvres. Oh, il n’avait pas peur de ses grands airs effarouchés. Même si elle ne semblait pas spécialement enchantée à l’idée de se produire sur scène, elle ne parviendrait pas à gâcher sa bonne humeur. Il espérait d’ailleurs que ce serait lui qui arriverait à la faire sourire. Vous savez, de ce petit sourire léger qu’il avait vu flotter délicatement sur ses lèvres l’autre jour.
« Comment vous portez-vous, demanda-t-il d’un ton badin et amical, depuis la dernière fois que nous nous sommes parlés ? Je vous trouve une petite mine. Est-ce que la perspective de déclamer votre texte devant tout un parterre de courtisans vous effraierait ? »
Il ne pensait pas que quoique ce soit fut réellement capable d’effrayer, de surprendre, ou de choquer une femme d’une telle trempe. Elle avait quelque chose de fort en elle, qui la plaçait au-dessus du commun des mortels. Comme si elle avait déjà vécu le pire et qu’elle n’avait dès lors plus rien à redouter. Andrew se demandait quelle avait été la vie de la Comtesse avant qu’elle ne devienne ainsi, apparemment froide et indifférente. Elle lui avait dit qu’elle n’avait pas toujours été telle qu’elle était aujourd’hui. Le jeune homme jeta un œil vers l’extérieur, pour voir si la salle de réception était déjà comble. Il vit entrer la Reine Catherine, et son cœur se mit à battre, tandis que son beau regard vert parcourait l’assistance avec plus d’avidité. Est-ce qu’Alice serait là ? Est-ce qu’elle serait fière de lui, ou trouverait-elle la pièce parfaitement outrageante pour sa maîtresse ? Il le cacha à merveille, mais, tout à coup, il se mit à avoir le trac.
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MessageSujet: Re: Chapitre II : « Coup de Théâtre à Whitehall » - Sujet Commun   Mer 22 Aoû - 22:56

Son apparence en public, Alix y accordait beaucoup d'importance. Elle y avait toujours accordé beaucoup d'importance et il était hors de question pour la jeune femme, de ne pas apparaître parfaitement vêtue surtout lors d'une fête organisée par le roi. Cette soirée ne faisait donc pas exception, la baronne d'Hastings avait vêtu sa plus belle robe et ses plus beau bijoux pour être la plus gracieuse possible. Cependant, elle ne s'habillait jamais au dessus de son rang social, elle ne voulait pas être mal vue à la cour, cela anéantirait tous ses plans... Cela ne l'empêchait pourtant pas de rêvasser sur de belles robes, encore plus luxueuses et nobles que les siennes. Elle se voyait bien les porter dans le futur, oh que oui, elle en était certaine, elle vêtirait bientôt une de ses robes qui la faisaient tant rêver. Sa vengeance n'était pas finie. Le destin lui avait tout enlevé quand elle avait quinze ans, on lui avait retiré ce qui lui revenait de droit et ça, jamais elle ne le pardonnerait. Non pas que la baronne soit extrêmement susceptible, ou peut être juste un peu mais, elle a surtout du mal a pardonner ce qu'elle n'accepte pas à tel point, que depuis ce jour, une seule et unique idée hante ses jours et ses nuits: se venger. Elle aurait pu prendre les péripéties de la vie avec calme comme l'avait fait sa sœur jumelle mais ce ne fut pas le cas, de toute façon, elle n'avait pas, mais alors là, pas du tout envie, de rester enfermée toute sa vie dans se foyer tenu par des bonnes sœurs,même une journée lui était insupportable tellement elle étouffait. Elle ne prenait aucun plaisir à rester toute la journée assise à prier, filer et broder. Elle, avait besoin de liberté, d'activité, de mouvement et c'est donc sans aucune hésitation et sans même se retourner qu'elle quitta, à quinze ans, seulement quelques semaines après son arrivée, l'endroit qu'elle considérait alors comme une prison. Une jeune fille de quinze ans livrée à elle même, aurait pu tomber dans bien des pièges mais Alix, elle, savait ce qu'elle voulait et elle ne se laissa pas marcher sur les pieds avant de trouver ce qu'elle désirait, ce dont elle avait besoin pour prendre sa revanche. C'est ainsi que après une longue cavale de onze années entières, elle trouva enfin de quoi rentrer à la cour du roi. Elle se devait de venir ici, c'était de toute façon le seul endroit où elle pouvait continuer à prendre du pouvoir. Car oui, elle n'en avait pas fini. Elle voulait toujours plus, toujours plus de pouvoir, toujours plus d'argent et, la jeune femme ne savait même pas si un jour sa soif de vengeance serait assouvie.

La Reine Catherine était l'exemple même des nombreuses personnes étant tombées dans ses filets. Alix prenait un malin plaisir à manipuler les gens. Et son petit jeu fonctionnait à merveille. Personne, non personne à la cour ne pouvait se douter que derrière son visage et ses manières de se comporter angéliques, se cachait une véritable "sorcière", bien plus proche du démon que de l'ange. Ce soir là, alors que la pièce de théâtre préparée par le roi n'allait pas tarder à commencer, Alix arriva dans la salle de réception tout spécialement aménagée pour l'occasion. Elle déambula alors, à la recherche d'une place où elle pourrait bien voir le spectacle. Non pas que la pièce en elle même l'intéressait, loin de là d'ailleurs; ce qu'Alix préférait, c'était plutôt les rumeurs et les petites intrigues régnant presque continuellement à la cour. D'ailleurs à ce sujet, elle était actuellement plutôt très intéressée par la liaison entretenue par le Roi et Anne Boleyn qui devaient comme par hasard se retrouver, ce soir là respectivement dans les rôles du fou amoureux et de la fille désirée. Pour sûr, Alix n'allait pas rater une miette du jeu de ces deux là car derrière les masques des personnages allaient sûrement se glisser des gestes n'appartenant pas vraiment aux personnages... Alix se délectait d'avance du spectacle. Cependant, quand elle croisa sur son chemin la Reine Catherine, elle ne laissa rien paraître, saluant avec respect la souveraine, elle lui adressa le plus beau de ses sourires, un sourire qui ne laissait pas paraître ce qu'elle ressentait vraiment pour la Reine: du mépris. Si elle l'avait voulu, Alix aurait déjà pu manipuler la Reine mais, elle ne s'y était pas risqué. Elle préférait garder la souveraine de son côté et pour cela, rien de mieux que se comporter en véritable petite sainte incapable du moindre mal en sa compagnie. Ainsi, Alix le savait, si un jour on venait à l'accuser de quoi que ce soit, la souveraine lui serait d'une grande aide car, pas une seule seconde, Catherine ne pourrait se douter que la charmante jeune femme avec laquelle elle aime discuter soit capable de faire ce dont on l'accuse...

La Reine semblait contente de voir la Baronne en cette soirée qui n'allait sûrement pas être facile pour elle. Cependant, elle ne laissait rien paraître, montrant toujours un visage calme et serein à la cour. S'il y avait bien une chose qu'Alix admirait chez la Reine, c'était cela mais autrement, elle n'éprouvait qu'un profond mépris pour elle, elle la prenait même plutôt pour quelqu'un de faible... Lui rendant sa salutation sans rien laisser paraître, Alix finit par répondre à la Souveraine avec beaucoup de respect: "C'est également une grande joie pour moi de vous voir, Majesté. D'autant plus que cela fait un certain temps que nous n'avons pas trouvé l'occasion d'avoir une discussion. J'apprécie toujours énormément passer du temps en votre compagnie... Je me languissais d'ailleurs de prendre de vos nouvelles depuis tout ce temps." avant de rajouter: "Et puis, vous êtes tout simplement rayonnante dans cette robe" Et c'était vrai, la robe que portait la Reine était juste magnifique, comme toujours d'ailleurs. Alix ne pouvait s'empêcher de l'envier mais elle n'en disait rien. Elle se contentait simplement de discuter avec la reine quand elles se croisaient avec beaucoup de respect pour faire en sorte d'être bien vue par elle comme par le reste de la cour...
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Erika de Malmö

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MessageSujet: Re: Chapitre II : « Coup de Théâtre à Whitehall » - Sujet Commun   Mar 28 Aoû - 11:07

Alors qu’elle répétait intérieurement son texte tout en continuant, par intermittence, de pester contre la terre entière, quelqu’un vint troubler sa concentration. Après un sursaut de surprise, elle n’eut pas même le temps de se retourner pour découvrir qui était le plaisantin que déjà celui-ci était face à elle. Il était au final assez peu étonnant de constater qu’il s’agissait d’Andrew Boleyn. Qui d’autre aurait-ce pu être… En effet, il interprétait aujourd’hui le rôle de Ligurio. Ami plein d’idées mais terriblement fourbe de Callimaco.

- Vous m’avez fait peur, lui lança-t-elle en accompagnant ses mots d’un regard quelque peu accusateur.
Mais connaissant un minimum la comtesse, il ne prêta pas grande attention à son reproche et continuait d’arborer cet air guilleret qui semblait ne jamais le quitter. Au bord d’un terrain de tir ou sur le point de monter sur scène, rien ne l’inquiétait. Ou tout du moins il le cachait très bien.
- Comment vous portez-vous, depuis la dernière fois que nous nous sommes parlés, lui demanda-t-il en toute simplicité. Je vous trouve une petite mine. Est-ce que la perspective de déclamer votre texte devant tout un parterre de courtisans vous effraierait ?

En effet, sa situation dans laquelle tous deux se trouvaient lorsqu’ils s’étaient adressé la parole pour la première fois était hautement plus… agréable disons. Loin de l’agitation qui la bousculait aujourd’hui, Erika s’était sentie beaucoup plus à l’aise. A l’extérieur du château, son cœur ne battait pas contre sa poitrine comme un oiseau en cage tentant de s’envoler et l’on pouvait par moments apercevoir sur ses lèvres un sourire qui traduisait autre chose que de la crispation. Mais sans trop savoir pourquoi, voir Andrew et son entrain habituel atténuait son stress de monter sur scène. Sa bonne humeur laissait à penser qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter. Comme le roi le souhaitait, tout ceci n’était après tout qu’un divertissement. Enfin…

- Je dois avouer que je serai plus à l’aise assise au fond de la salle, répondit-elle en soupirant. Savoir que tout ce monde aura les yeux rivés sur nous ne me plaît qu’à moitié.
Si elle se forçait à paraître aux yeux du plus grand nombre comme une femme plein d’assurance et ne doutant jamais, elle avait tendance à paniquer dès qu’elle se trouvait entourée d’une foule. Alors quand celle-ci tournait son regard vers, elle, elle ne rêvait que de pouvoir s’enfuir pour se cacher au fond de son lit. Au fil des mois qu’elle avait passés à la cour, elle avait fini par s’habituer à la sensation étrange de n’être qu’un petit point presque insignifiant au milieu de centaines d’autres. Et le certain anonymat qu’elle avait gardé lui convenait à vrai dire parfaitement bien, d’où sa petite montée d’angoisse lorsqu’il s’agissait de se prêter au jeu de la comédie.
C’est alors qu’elle se rappela que l’Alice qui lui avait de bonne grâce laissé son rôle n’était autre que l’épouse du comte. C’est pourquoi elle eut la soudaine envie de rendre coupable ce dernier de tous ces malheurs du jour. Pourquoi n’avait-il pas insisté pour qu’elle monte sur scène à ses côtés ? Au diable Catherine d’Aragon, elle aurait pu faire un effort pour son époux et oublier un instant sa place auprès de la reine. Enfin, elle était bien placée qu’à rien ne servait d’argumenter contre une femme entêtée et ainsi elle se garda d’évoquer à voix haute sa pensée. Il aurait au final était bien stupide et sans intérêt de reprocher à Andrew une chose qui si on y réfléchissait bien n’avait rien à avoir avec lui. Il jeta un coup d’œil rapide dans la salle, alors que chacun commençait à se diriger vers sa place et la suédoise en profita pour glisser une question afin d’esquiver une ennuyeuse conversation à propos de ses états d’âme et de son envie d’être partout sauf ici.

- Attendez-vous vos admiratrices, demanda-t-elle avec un petit sourire un brin taquin. J’espère que vous avez prévu de sortir par une porte dérobée car au vu de votre prestation qui sera assurément extraordinaire, elles seront toutes à vous courir après dès votre descente des planches.
Il n’y avait pas une once de méchanceté dans ses propos, seulement un peu de moquerie amicale. L’image caricaturale de toutes ces baronnes, marquises et duchesses les yeux pétillants d’admiration et sautant au cou de ce don juan était d’ailleurs assez amusante.
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Philippa Birmingham

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MessageSujet: Re: Chapitre II : « Coup de Théâtre à Whitehall » - Sujet Commun   Mer 5 Sep - 15:50



"Il faut toujours une première fois"





Ces dernières journées avaient été particulièrement fatigantes et éreintantes pour les habitants du domaine des Lacey. Aux sons des musiques jouées dans le manoir du baron, ainsi que des quelques cris faisant offices d'ordres aux domestiques, un inconnu rodant non loin de cette place aurait pu croire que l'on se préparait à recevoir des invités aussi nobles et important que Sa Majesté le roi. Les bougies restées allumées jusque tard dans la nuit et s'allumait à nouveau tôt le matin. Un événement particulier à célébrer ? Pour la maisonnée, s'en était un. En effet, il y a quelques semaines de cela, le maître des lieux reçut une invitation en provenance de Whitehall pour une réception théâtre, dans laquelle joueraient les courtisans et les membres de la cour eux-mêmes. Cela aurait pu être une invitation comme une autre, si Philippa n'était pas apparut dans sa vie. Depuis que cette dernière avait franchi le seuil de sa demeure, il lui avait fait la promesse de l'emmener un jour avec lui à la Cour... Lorsqu'elle serait enfin prête, j'entends. Cela faisait désormais plusieurs années qu'elle était devenue sa pupille, mais pourtant, Stephen ne la sentait pas encore d'aplomb à affronter les regards de toutes ses personnes constituant la haute société anglaise. Toutefois, cette soirée pouvait d'avérer être un entraînement pour la jeune femme, qui pourrait ainsi voir dans quel univers elle voulait mettre les pieds. Il n'était cependant pas idiot : ce lieu, elle ne le connaîtrait qu'en sa présence et ne pourrait pas s'y rendre pour le restant de ses jours, ses origines en sont la cause. Mais elle était encore si jeune... Lui gâcher un tel plaisir serait mal-venu de sa part, bien qu'il ne porte pas la les courtisans dans son cœur.

La joie de Philippa, en apprenant qu'elle accompagnerait le baron, fut si immense qu'elle accepta de s'exercer d'arrache-pied pour le jour tant attendu. Chaque journée se répétait : révision des gestes de bonne manière, des phrases de bienséance, de danse, de tenue... Elle y prenait un plaisir fou en pensant à quoi cela l'amènerait. Quant à Stephen, il prenait de son temps précieux pour qu'elle soit parfaite et ne présente aucun défaut en présence du couple royal et de toutes ces langues de vipère, ce en quoi elle lui était reconnaissante, comme toujours. En effet, il était certain que la moindre erreur de la part de la miss ne passerait pas inaperçu et sa réputation serait tâchée en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, et ce dans toutes les rues de Londres. N'avaient-elles donc aucune pitié ? Quoi qu'il en soit, la veille au soir, le baron jugea que son élève était enfin prête à affronter le monde obscure du plaisir et du vice. Il restait néanmoins un détail sur lequel on ne pouvait cracher : sa tenue. Après moult essayages, elle la trouva enfin : une longue robe rose dont les extrémités étaient tisées avec de la dentelle, évitant qu'elle ne lui tienne pas trop chaud. Ses longs cheveux châtains avaient été remontés de façon à dégager son visage et à faire ressortir ses yeux clairs. Jamais elle n'avait été aussi élégante.

C'est donc habillée ainsi que la demoiselle entra dans Whitehall au bras de son protecteur, nerveuse. Dans son esprit, elle se repassa les leçons interminables qu'elle avait suivi durant toutes ces années et essentiellement ces derniers jours. Si Stephen lui avait permis de venir en sa compagnie, c'est qu'il avait confiance en elle et en ses capacités. Elle ne devait pas briser ses espoirs, mais devait au contraire prouver à ce monde ce qu'une bohémienne pouvait faire, malgré sa faible expérience. Elle y avait réfléchi tout au long de la nuit ; la solution pour éviter les ennuis et les gestes maladroits était de rester dans un coin et de ne parler à personne. Encore faut-il que personne ne veuille venir parler à une aussi jolie demoiselle... Nerveuse, donc, miss Birmingham s'engouffra dans la gueule du loup, serrant plus fortement le bras du baron, ce dernier la rassurant en posant une main confiante sur la sienne. Ils approchèrent bientôt de la salle de réception. Elle n'eut qu'une envie : fuir, partir, loin, trèèès loiiin. Mais il était trop tard. On annonça le nom du Baron de Lacey ainsi que le sien dans la salle. Ses joues s'empourprèrent, tandis que des visages curieux se tournèrent vers le duo. Elle baissa la tête et suivi ses pas sans prendre la peine de savoir ce qu'il se passait autour, si ce n'est les quelques murmurent qui bourdonnait dans ses oreilles au fur et à mesure qu'ils avançaient. Tous ces gens parlaient-ils sur cette inconnue dont personne n'avait entendu parlé ou est-ce le résultat d'une pseudo paranoïa ? D'ordinaire, Pippa ne rechignait pas à se faire remarquer, mais dans une scène comme celle-ci s'avérant totalement inconnu, mieux valait resté... inconnu, justement. Le brouhaha des conversations s'atténuèrent, alors que son protecteur l'emmena dans un coin plus tranquille de la grande salle, un regard inquiet qui lui était uniquement destinée sur le visage.


-Je vais bien, ne vous en faites pas. Déclara-t-elle en anticipant sa question. Laissez-moi simplement le temps de prendre mes marques.

Il acquiesça, toujours un peu inquiet, mais assez confiant pour s'absenter quelques instants, laissant sa pupille seule dans la fosse à vipère. Philippa regarda chacun des invité présent et remarqua que tous lui était inconnu. Seuls ses Majestés pouvait être repérées, du fait du nombre de révérence dont elles avaient le droit.
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Alice Butler
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MessageSujet: Re: Chapitre II : « Coup de Théâtre à Whitehall » - Sujet Commun   Jeu 6 Sep - 18:10

En se levant ce matin, Alice savait d'avance que ce ne serait pas une bonne journée. Ce soir allait avoir lieu la représentation de la Mandragore, et elle devinait fort bien que ça n'allait pas être sa tasse de thé. Non pas qu'elle ne fut pas une adoratrice acharnée du théâtre, au contraire, il lui plaisait d'aller de temps en temps se divertir devant une pièce qui la faisait frémir ou sourire. Elle n'était certes pas souvent accompagnée de son cher époux, mais bien souvent l'une de ses amies acceptait de partager ce moment avec elle. Ce soir, ce n'était pas pour son bon plaisir qu'elle allait voir cette pièce. Ce soir, elle serait présente en tant que Dame d'Honneur de la Reine. Et Dieu seul sait à quel point la Reine allait bouillir de l'intérieur tout au long de la représentation. Pourquoi ? La raison était très simple : qui d'autre aurait pu jouer mieux qu'Anne Boleyn le rôle de Lucrezia, la belle et douce demoiselle dont s'éprend le jeune italien que serait le Roi en personne ? C'était là un affront des plus terribles qui avait évidemment été fait à l'encontre de la Reine, et Alice plus fidèle que jamais à sa maîtresse, comprenait parfaitement que celle-ci éprouve de la colère quant à la distribution des rôles. Elle-même aurait dû jouer dans cette pièce, aux côtés de son époux, mais la blondinette avait préféré refuser, par respect pour Catherine. De plus, elle n'appréciait pas réellement d'être projetée sur le devant de la scène, sous les feux de la rampe ; non pas qu'elle était mauvaise comédienne, simplement qu'elle préférait la douceur de l'obscurité, sa nature discrète l'obligeant à s'effacer au contact de la foule.
Et foule, il y en avait ce soir. Alice avait passé la journée en compagnie de la reine, l'avait aidée à se trouver une tenue appropriée, quand bien même celle-ci était une adepte de la sobriété, et s'était ensuite elle-même vêtue d'une tenue chatoyante. Ne voulant point faire d'ombre à sa maîtresse, elle ne s'était pas parée d'une montagne de bijoux comme l'avait fait une multitude de duchesses enfarinés pour montrer au monde entier leur incroyable richesse.

Enfin elle pénétra dans la somptueuse salle de théâtre, juste derrière la Reine Catherine, qui 'avait presque pas conversé jusqu'à maintenant. Elle espérait que celle-ci puisse se détendre un peu au long de la pièce, mais elle en doutait fort. Dans le doute, elle avait fait son possible pour la convaincre que tout se déroulerait bien, ce qui somme toute n'était pas l'argument le plus convaincant. Vêtue d'une immense robe bleue aux reflets d'argent, Alice se gardait bien de s'aventurer dans la foule. Elle saluait d'un sourire angélique les personnes qui la reconnaissait, et répondait gentiment aux révérences. Ses yeux d'azur virevoltaient à droite et à gauche pour essayer d'apercevoir Andrew. Il devait être là, il devait être sur scène, ce soir. Il lui tardait de le voir jouer, mais si ce n'était pas la pièce qui allait le plus lui plaire. Elle espérait sincèrement qu'il allait être satisfait de son rôle et de sa prestation ; peut-être ce premier scénario lui donnerait l'envie de continuer le théâtre, qui était un art qu'Alice respectait énormément. Perdue dans ses pensées, elle ne vit pas de prime abord avec qui sa Reine discutait. Puis revenant à elle, elle reconnut la Baronne Fray, qu'elle avait déjà pu croiser une ou deux fois auparavant. Cette jeune femme à l'air souriant et aux traits angéliques ne lui inspirait pas beaucoup confiance. Alice n'éprouvait jamais de méfiance envers son entourage, mais elle était très douée pour percevoir les ambiguïtés présentes chez certaines personnes. Elle n'appréciait pas la manière dont elle regardait la Reine ; et on pouvait lire avec aisance dans ses prunelles toute la jalousie qu'elle éprouvait envers elle. Avec son doux sourire habituel, Alice la salua.

Bonsoir, chère Baronne. J'ose espérer que vous passerez une agréable soirée.

La blondinette ne chercha pas à discuter plus, trouvant que les mots de la Baronne résonnaient trop faux lorsque celle-ci s'adressait à Catherine. Elle détourna le regard et se raidit instinctivement. Elle venait d'apercevoir une silhouette bien familière, puisqu'il s'agissait de celle de son tendre époux. Mais son sourire s'effaça bien rapidement au vu de la jeune demoiselle qui l'accompagnait. Alice n'avait jamais éprouvé de jalousie, comment aurait-elle pu survivre sinon, avec un coureur de jupons tels qu'Andrew ? Mais elle n'appréciait pas particulièrement la manière dont ils se comportaient tous deux. Inlassablement, et comme chaque fois qu'elle croisait son époux avec une autre demoiselle, revenait cette terrible question : qu'a-t-elle de plus que moi ? Alice n'enviait personne, non, elle cherchait seulement à contenter ses proches, et ce qu'elle voulait par dessus tout, c'était le bonheur d'Andrew. Alors elle s'efforçait d'être chaque jour un peu plus parfaite pour lui. N'importe qui aurait répondue que c'était pure folie que d'être à la recherche de la perfection, néanmoins c'était inconsciemment qu'Alice faisait tout cela. Elle se plia en une profonde révérence devant la Reine avant de s'approcher pour lui murmurer :

Puis-je délaisser un instant Sa Majesté ? J'aimerai seulement souhaiter à mon époux bonne chance pour la représentation.

Elle ramassa ensuite les pans de sa longue robe, et se dirigea de son pas gracieux vers le couple formé par celle qu'elle reconnut comme étant Erika de Malmo et son mari. En arrivant près d'eux, elle posa son regard bienveillant sur la belle rousse. Elle se souvenait à présent que c'était elle qui allait jouer le rôle qui aurait dû lui être attribué. Elle déclara d'une voix douce.

Bonsoir Comtesse. N'êtes-vous point trop nerveuse pour tout à l'heure ? Je suis heureuse que l'on vous ai attribué le rôle d'Amalia. Il vous siéra très certainement mieux qu'à moi.

Puis elle tourna son visage vers Andrew, et poursuivit.

Quant à vous, monsieur, je suis certaine que vous serez très bon comédien.

Une pointe de malice illumina ses yeux lorsqu'elle prononça cette phrase, mais elle eut tôt fait d'ajouter autre chose.

Je vous souhaite à tous deux beaucoup de chance, et n'ayez crainte, je suis sûre que tout se passera à merveille et que vous nous offrirez une soirée des plus agréables.

Oh, elle savait d'avance qu'elle ne serait pas forcément bien reçue par son mari. Elle ne se souvenait même plus de la dernière fois où il avait été agréable avec elle en public. Mais peu lui importait.
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